Aimer…

Ouvrir les yeux au petit matin, tourner le visage vers celui qui accompagne vos jours et sourire :

aimer.

Passer son visage sous l’eau froide, s’observer dans le miroir et y voir toujours, derrière les marques du temps qui s’écoule, l’enfant obstinément vivace :

aimer.

Ouvrir les volets, sentir le soleil sur sa peau, entendre la brise nous parler de la journée qui s’annonce, inspirer profondément :

aimer.

Boire une gorgée de café, s’attarder sur l’arôme, l’odeur, l’âcreté délicieuse, savourer :

aimer.

Embrasser un ange qui dort du sommeil de l’innocence et des rêves à réaliser, sentir son coeur se gonfler immensément devant cet être qui nous ressemble un peu, un sentiment que rien ne peut contraindre, soumettre, arrêter ou amoindrir :

aimer.

Donner à manger au chien, caresser sa grosse tête carrée dont les yeux sont remplis de tendresse :

aimer.

Saluer l’autre qui se lève à son tour, le prendre dans ses bras, réaliser que malgré les sillons, les épreuves, les attentes parfois déçues, les différences, la terrible et magnifique humanité dont il est empreint, dans ses bras on est chez soi :

aimer.

 

Et puis vivre….

Conduire.

Courir. Contempler l’océan.

Se délecter des rires de l’enfant. Rire aussi.

Attendre.

Pleurer parfois.

Essayer de comprendre. Laisser vibrer les colères. Ressusciter l’espoir.

Nager. Manger. Tergiverser.

Se gargariser des grandes tablées familiales.

Etre à la maison, tout compte fait.

Etre bien.

Se dissiper sous la paperasse insupportable.

Etre libre, tout de même.

Choisir sa Voie…

…..Choisir sa Voix.

Prendre. Donner. Arracher. Offrir.

Aimer. Aimer, enfin. Aimer, toujours. Obstinément, aimer.

 

Ne faire que cela. N’être que cela. Un être qui aime, un peu, pas assez, trop, mal, comme il faut….

Etre possiblement tout mais véritablement rien d’autre que cela. Comme nous tous qui sommes là.

C’est bien beau, me direz-vous. Et ceux qui sont fous, demanderez-vous. Ceux qui font des choses horribles? Des choses que tu n’oses même pas taper sur ton clavier? Des choses que tu effaces de tes pensées pour ne pas sentir la brûlure vive en lieu et place du coeur? Sont-ils amour, eux aussi?

Ils sont l’amour qui manque, l’amour absent, l’amour qui cruellement fait défaut, ils sont l’amour éteint, l’amour inanimé.

Aimer est la seule issue. Aimer est le seul chemin. Nous ne pouvons faire que cela. Derrière les haines crachées, c’est l’amour mort-né. Derrière les violences infâmes, c’est l’amour fini, l’amour flapi, l’amour crevé. Derrière les ignominies dont l’homme est tristement capable, c’est l’amour cadavre, l’amour croupissant, l’amour rétamé, disparu.

La dépouille de l’amour, c’est l’abomination.

Et pour ressusciter l’amour macchabé?

Une seule voie, une seule prière, un seul rêve, quelques mots pour un seul espoir, une seule échappatoire :

Aimer.

On peut le scander inlassablement, l’ériger en idéal, le choisir comme lutte. Il peut prendre tant de visages, de définitions, d’odeurs, de couleurs. C’est une Terre, un drapeau, une appartenance, une liberté. C’est un acharnement, une résistance, un trésor. Il est l’absolu, le choix souverain, la Foi.

La seule réponse qui vaille :

L’amour.

 

AMOUR

 

Je partage l'amour...
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