Author Archive for: Armelleboutin

Enaëlle

About Enaëlle

    L’éveil…

    L’éveil…

    Je suis bienveillante envers moi-même, car je suis l’expression même de la vie.

    Je porte les cicatrices de mes jours sombres, les blessures de mes heures douloureuses. Peau cousue de résilience, craquelée d’espoirs, bosselée d’ambitions. Les fissures de ma chair sont les marques indélébiles de mon passage ici-bas. Témoins de tous les rires que j’ai envoyés dans l’atmosphère, échos de mes joies et de mes incertitudes. De toutes les larmes qui ont coulé, rivières des attentes déçues et des nuits sans sommeil, affluents de mes colères et de mes fautes. Tous les plissements de paupières, les œillades tendres, les sourires vrais. Les sillons de mes appréhensions, de mes éclats, de mes bonheurs, de mes gourmandises, de tout l’immense amour débordant de mon cœur. Ce cœur solide toujours qui bat sous une poitrine déclassée, fière pourtant du chemin parcouru.

    Terre nourricière, comme toi je me nourris et je nourris.

    Je suis bienveillante envers moi-même car quel que soit le reflet que me renvoie le miroir, il ne change rien à la luminosité de l’âme. Et quelles que puissent être les bassesses et les compromissions, les faiblesses, les bévues, les écarts dont cette même âme pourrait rougir, tout ceci ne change rien à la luminosité du présent. Je suis dans cet instant où tout ce qui était et tout ce qui sera se fond dans ce qui est. C’est le pardon, les rancunes levées, les attentes abandonnées, comme des lierres grimpants enfin figés sur le mur de l’incompréhension. La douleur qui se meut.

    Dans ce silence-là, au creux du souffle, je suis bienveillante envers moi-même car je comprends, fondamentalement, mes entrailles comprennent, mes mémoires enfouies comprennent, que cette bienveillance au-delà de tout jugement, est la seule voie vers la paix, mais aussi la seule voie vers ce que je suis vraiment. Et il n’y a rien que je ne désire plus que d’enfin rencontrer celle que je suis vraiment.

    Rendez-vous sur Hellocoton !
    De la nécessité de l’échec

    De la nécessité de l’échec

     

     

    “La faiblesse de la force est de ne croire qu’à la force” Paul Valéry

    Qu’est-ce que l’échec ? D’après le Larousse, c’est « le résultat négatif d’une tentative ». L’échec est simplement le pendant de la réussite, le revers de la médaille, une certaine perception d’une certaine réalité.

    En France, nous avons une vision plutôt négative de l’échec, même si cette tendance semble évoluer. Comme le dit Charles Pépin, philosophe, auteur de l’essai « Les vertus de l’échec », aux éditions Allary, dans notre pays, « quelqu’un qui a échoué est d’abord vu comme un homme qui a échoué. […] alors qu’aux États-Unis, c’est d’abord un homme qui va réussir et n’a pas encore réussi ».

    Est-on un looser lorsqu’on échoue ? Ou l’échec est-il le prélude à la réussite ? La véritable question qui se pose est donc comment appréhender l’échec, car finalement un échec n’en est un que s’il nous bloque et provoque en nous le mal-être.

    Apprendre de la chute

    Au jeu de la vie, tout semble affaire de résilience. Tomber, certes, comme chacun(e), mais se relever. Surtout se relever. L’art de surmonter s’apprend-t-il ? Oui, même si ceux (celles) qui ont été choyé(e)s, aimé(e)s, consolé(e)s, materné(e)s durant leur enfance ont nettement plus de chances de rebondir après une épreuve ou d’encaisser l’échec puis de le dépasser.

    S’agit-il de devenir quelqu’un d’autre ? Non, pas tout à fait, pourtant apprendre à chuter et apprendre de la chute peuvent faire évoluer un Homme…en une meilleure version de lui-même. Toujours identique, mais plus apte, plus adaptable (mais pas plus malléable pour autant).

    Lorsque l’on entreprend quelque chose, un échec a beaucoup à nous enseigner, dans notre domaine bien sûr, mais aussi sur nous-même. L’échec nous forge. On se construit avec des échecs, bien plus et bien mieux qu’avec des victoires.

    Être éveillé(e) même en période de grosse loose, c’est prendre garde à trois pièges qui peuvent transformer un échec en sables mouvants :

    • L’ego. Ha ! Notre bel, notre glorieux ego qui encaisse le choc ! Un échec et c’est la crise de l’ego, à coups de « Mais que penseront les gens ? J’ai l’air con(ne), maintenant ! » Comme l’écrit Mathieu Ricard : « lorsque l’ego ne se repaît pas de ses triomphes, il se nourrit de ses échecs en s’érigeant en victime ». Nous ne sommes pas notre ego, et même s’il n’est pas évident de le concevoir, le transcender nous offre une forme de liberté intérieure extrême, à la fois rayonnante et sécurisante, car la véritable confiance en soi n’a rien de commun avec l’ego, et ne dépend pas des événements.
    • La culpabilité.Que l’on soit directement responsable de son échec ou que celui-ci ne soit qu’une conséquence des aléas de la vie, l’appréhender avec bienveillance est fondamental. Prendre note du revers, en analyser les causes et la portée, mais ne pas se flageller sans fin. Bienveillance n’est pas complaisance. La bienveillance envers soi-même relève d’une forme d’éthique personnelle, elle est le meilleur chemin de l’apprentissage. Car une fois encore, pas de leçon sans déconvenue. Mais si la déconvenue n’entraîne qu’auto-critiques et violentes dépréciations, difficile de se relever et de continuer à avancer…Aimons-nous dans nos échecs. Nous ne sommes ni nos exploits ni nos dérapages. Ni nos satisfactions ni nos frustrations. Oublions les “Il/elle sera tellement déçue!” et “Que pensera mon enfant de son père/sa mère?” Vous n’êtes pas un(e) raté(e) d’avoir raté votre coup. La culpabilité est un poison qui peut réellement ternir votre vie. Et si elle découle souvent de l’échec, elle peut aussi en être la coupable, lorsqu’on se sabote tout(e) seule(e) dans notre litanie intérieure du “je ne le mérite pas”.
    • Le déni. Et Charles Pépin d’expliquer que “ne jamais avoir eu le sentiment d’échec est en soi un énorme échec”. Il est bon de regarder son plantage en face, de l’analyser, d’en tirer des conclusions. Réfléchir à son échec, voilà la meilleure façon de transformer un essai loupé, et d’en sortir grandi(e), plus efficace, plus efficient(e), plus fort(e). « A défaut de victoire, il nous reste cette offrande : la leçon de l’échec » (Robert Sabatier, le livre de la déraison souriante). Michael Jordan nous offre de belles leçons en matière de perception de l’échec. Voilà un gars qui a compris à quel point il est primordial d’échouer pour réussir : “J’ai raté plus de 9000 tirs dans ma carrière. J’ai perdu près de 300 matchs. 26 fois, on m’a fait confiance pour prendre le tir de la carrière et j’ai raté. J’ai échoué encore et encore et encore dans ma vie. Et c’est pourquoi je réussis.” Inspirant, non?

     

    Rebondir après l’échec

    Recalage à un examen, divorce, déception professionnelle…Quel que soit l’échec auquel nous devons faire face, nous pouvons rebondir. Une bonne capacité de résilience dépend de quelques facteurs essentiels, dont :

    • Une solide confiance en soi. Bien sûr, échouer nous fragilise et menace de faire chanceler notre confiance en nous-même. Si cette confiance peut connaître le creux de la vague, il est important de la préserver, de la fortifier, et heureusement, il existe bien des moyens pour cela. Cesser de se comparer aux autres est une excellente façon de remonter dans sa propre estime. Nous ne sommes pas notre voisin(e). Nous n’avons pas les mêmes talents, la même histoire, les mêmes espoirs. Réaffirmer ses valeurs, voilà également une bonne solution pour se souvenir, en période difficile, qui nous sommes, quels sont nos fondements, nos basiques, ceux qui font que nous sommes quelqu’un de bien. Prendre soin de soi, évidemment : se chouchouter, se faire plaisir, sortir, ne pas s’enfermer dans la solitude, aide à se sentir fort(e) à nouveau. Et encore une fois, être bienveillant(e). Nous sommes très souvent notre pire juge.
    • Échafauder un nouveau plan d’action. Comme on a tiré les leçons de notre échec, il est essentiel d’en tenir compte dans notre prochaine feuille de route. Nouveaux objectifs, nouvelle énergie ! Ne pas s’endormir sur sa déconvenue, afin d’éviter qu’elle ne s’installe dans le quotidien comme un(e) colocataire indésirable. Avec une bonne analyse de la situation, en conscientisant vos points forts et en tirant les enseignements de votre expérience, vous voilà prêt(e) à vous remettre en selle. Un échec peut parfois nous faire réaliser que nous nous étions trompés de voie, et nous permettre, grâce à un travail d’introspection, de bifurquer vers un nouveau chemin, plus en phase avec notre personnalité et nos aspirations. Parfois, la route est longue et la tâche peut sembler insurmontable. Découper un objectifs en plusieurs étapes permet de continuer à avancer, sans perte de confiance ni d’énergie. Bien au contraire, chaque accomplissement, aussi discret soit-il, vous redonnera foi en votre potentiel et en votre entreprise.
    • Lâcher-prise. Cesser de lutter contre le changement. Très souvent, et la plupart du temps bien inconsciemment, nous nous fermons des portes par anxiété. Nous avons peur des bouleversements, même positifs, et c’est bien normal. Se laisser porter par le courant a pourtant généralement du bon. Le simple fait de lâcher-prise peut nous emmener de (bonnes) surprises en surprises. Lorsqu’on se détend, que l’on n’est plus crispé(e) sur une idée, contracté(e) dans l’attente de quelque chose, les choses coulent plus naturellement et peuvent venir à nous. Souffler, profiter de l’instant présent, être reconnaissant(e) pour tout ce que déjà l’on a accompli et obtenu.
    • S’entourer. Savoir demander de l’aide, des conseils, ou simplement un soutien moral lorsqu’on en ressent le besoin est une preuve d’intelligence. Vous n’êtes pas une victime. Prendre la responsabilité de sa vie, admettre que nous sommes à l’origine de ce qui se passe en ce moment, du coup dur, de l’échec que l’on essuie, c’est s’assurer de ne pas rester immobile. Et si nous ne sommes pas responsable de tous les événements extérieurs, nous sommes assurément seuls maîtres de la façon dont nous décidons de les vivre.

    Et bien sûr rester positif(ve), prendre soin de sa santé physique et mentale, aimer et se laisser aimer, rire, sourire, continuer à apprendre, prendre du bon temps, chanter, danser, se laisser emporter par nos rêves de temps en temps….Tout ceci permet de tirer le meilleur profit d’un échec.

    Il n’existe pas d’échec définitif.

    Et comme disait Bruce Lee, philosophe s’il en est : « Ne crains pas l’échec. Ce n’est pas l’échec mais le manque d’ambition qui est un crime. Avec des objectifs élevés, l’échec peut être glorieux. »

     

     

    Sources :

    https://www.lenouveleconomiste.fr/il-y-a-une-vertu-positive-de-lechec-13080/

    http://www.buddhaline.net/L-illusion-de-l-ego

    Rendez-vous sur Hellocoton !
    Ravages

    Ravages

    De quelque bord que soit la haine, elle est toujours glaçante.

    Et toujours, elle s’infiltre, tel un monstre rampant,

    Gerbe son venin au sein de votre être, et ce faisant,

    Instille et les doutes et l’effroi que la douleur enfante.

    J’avais déjà écrit, il me semble, sur l’anguleux reptile,

    Et ressenti les lames tranchantes de ses maux,

    Sur mes espoirs brûlants, fantasmes viscéraux,

    D’un monde plus enclin aux douceurs subtiles.

    Mais j’entends les rumeurs de bombes et de tirs,

    De décapitations et d’enfants qu’on abat,

    Et quel que soit l’extrême, c’est toujours le pire

    Que nous offre l’écran, seul prophète ici-bas.

    Je vomis les manifestes et tous ceux qui s’assoient

    Sur leur indignation dépendante des courants…

    Quelle idole demande en offrande tant de sang,

    Si ce n’est l’argent-Dieu et sa puissante voix?

    Migrants, immigrés, enfants du soleil, enfants de salauds,

    Voyageurs perdus, éperdus des mirages, blonds, noirs,

    D’un côté de l’extrême à l’autre, désirs saignants et chauds,

    Tous les Hommes, les enracinés, les sages et les barbares…

    Ne sommes-nous tous unis que dans le désespoir?

    16 mars 2019, 24 heures après l’attentat de Christchurch, Nouvelle-Zélande. 

     

    Rendez-vous sur Hellocoton !
    …

    Ton visage n’est le reflet d’aucun de mes désirs,

    Car jamais mon imagination n’a été si brillante…

    Ce monde dans ton regard dont je ne peux me saisir :

    Univers fantasque aux couleurs chantantes…

     

    Je ne sais pas écrire, mon fils, en vérité,

    Ce sentiment étrange que je nourris pour toi.

    Mélange d’admiration, d’espoir, d’intime foi,

    D’amour sans condition, immense, irraisonné.

     

    Ah! Quelle tristesse que d’autant manquer de talent

    Pour exprimer au mieux l’extrême profondeur

    Du sentiment inouï, noble et si violent,

    Qui, depuis ta naissance, a envahi mon coeur!

     

    Tes cheveux tout bouclés, tes yeux, tes impatiences,

    Tes petites mains tendues et ton ventre tout rond,

    Ton odeur de lait, tes sourires, tes silences,

    Mon fils : ma tendresse, mon amour, mon Simon…

     

     

    Il faudrait l’océan…Il faudrait l’assurance…

    Parfois, je prie ce Dieu dont j’ignore la nature,

    De m’accorder la grâce, la force, la confiance,

    De t’offrir le meilleur et garder ton âme pure.

     

     

    18 octobre 2011.

     

     

    Rendez-vous sur Hellocoton !
    La beauté…

    La beauté…

    Je suis dans un regard, un sourire, une main qui se tend.

    Souvent, je me maintiens même et toujours dans une démarche alourdie par le poids des années, des chutes et des rechutes, des maux qui se gravent sur la chair résolument.

    Oh bien sûr, vous me verrez éblouissante sur les podiums, scintillante sous les regards des juges et des jugements, me tenant droite et fière, lorsque je crois, pendant quelques instants, qu’il n’y a que la pulpe, le muscle, l’enveloppe pour me définir.

    Ah, cruelle et tendre concupiscence!

    Mais vous me croiserez aussi dans l’ombre, sur les mains arides et les sillons autour des yeux, sur les capitons, les bourrelets et les bouches gercées,les gorges assoiffées,et même dans les bas-fonds, et même au fond des cales des navires remplis de pauvres affligés.

    Je suis dans les épaules dressées et la poitrine bombée des jeunes escamoteuses,et sur le visage brouillé de la mère de famille qui n’a pas fait sa nuit.

    Je flambe sur les comptes Instagram, grâce à l’angle parfait et à la retouche idéale. Je m’expose, je me farde, je fais la moue, j’adopte l’admirable posture. Je vais jusqu’à me targuer de la perfection, et je peux illusionner la terre entière.

    Mais ne croyez pas que la barbaque seule puisse me déterminer.

    Ni shampooing révolutionnaire, ni crème miracle, ni régime efficace qui puissent seuls me sculpter.

    Car il faut la flamme.

    Il faut l’esprit.

    Il faut le geste discret et désintéressé.

    Il faut la bonté, l’intelligence, il faut le courage.

    Il faut la créativité.

    Il faut le rêve qui illumine la pupille, il faut l’espoir qui auréole de lumière la silhouette.

    Il faut l’amour.

    L’amour de soi,

    l’amour de l’autre,

    l’amour fou,

    l’amour inconditionnel.

     

    Je suis dans le souffle, le premier et le dernier.

    Je suis dans le rire, malgré la peur et la lassitude.

    Je suis dans le sommeil serein de l’enfant et dans l’attente fébrile du père.

    Je suis dans l’épuisement de celle qui vient de donner la vie et dans les courbatures de l’ouvrier.

    Je suis partout et je suis surtout où il faut y regarder à deux fois pour me voir.

     

    Je suis la beauté.

     

     

    Rendez-vous sur Hellocoton !
    Je suis une femme…

    Je suis une femme…

     

    Lorsque ses yeux rient, que sa bouche me plaît, que ses faiblesses se dévoilent,

    je suis une femme.

    Lorsque ses mains s’avancent, que ses bras m’étreignent, que son souffle tiède caresse ma nuque,

    je suis une femme.

    Lorsque ses mots se gravent, les beaux comme les durs, dans ma mémoire capricieuse,

    je suis une femme.

    Je suis une femme aussi lorsqu’il s’en va. Lorsque la solitude s’installe et prend ses aises. Lorsque de lui, il me reste un vague souvenir. Qui était-il déjà ? Quelle ombre, à quelle époque ? Quelle bravade à quelle mascarade ?

    Je suis une femme dans la lourdeur du silence, dans l’agitation de la nuit, dans la douleur des soubresauts pathétiques.

    Je suis une femme lorsque je dois marcher, suivre la voie tracée. Lorsque j’emprunte cette route, que je ne me laisse pas le choix, que je courbe l’échine,

    je suis une femme.

    Toujours, je suis une femme lorsque je prends les rênes, lorsque je me redresse et que ni l’ombre ni la lumière ne m’effraient plus, lorsque que je bifurque sur le sentier incertain, déconcertant.

    Quand la déroute guide mes pas,

    je suis une femme.

    Je suis une femme lorsque l’espoir enchante le quotidien, lorsque la danse survient, et que mon visage et tout mon corps sourient.

    Dans la moiteur des prières murmurées, les intimes, les sibyllines,

    je suis une femme.

    Lorsque je me relève après être tombée, époussetant les doutes et asséchant les larmes, dans la résilience,

    je suis une femme.

    Lorsque je porte la vie, je suis une femme. Lorsque je donne le sein, que je donne le bain, que je donne le pain, je suis une femme. Lorsque mon cœur se gonfle d’un amour extraordinaire d’aimer autant l’enfant, lorsque je suis une mère, je suis une femme.

    Lorsque les cicatrices, lorsque les rides, lorsque les brèches et les empreintes, lorsque le temps marque et alourdit, dans ma chair, je suis une femme. Lorsque les rires et les éclats, lorsque les larmes et les émois, lorsque les accalmies et les agitations, je suis une femme.

    Face à l’amour, au plaisir, à la séduction, la fascination, la magie et le charme, je suis une femme. Devant la colère, le mépris, le dédain, les présomptions, les injustices, les injonctions, je reste une femme. Face à l’admiration, aux mirages, à l’acceptation, à l’élégance, à la grâce, à la joie,

    je suis une femme.

    Et devant le sexisme, les abus, les dommages, les intérêts, la malveillance, la persécution, je reste une femme.

    Multitâches, multipare, métisse, multilingue,

    je suis une femme.

    Célibataire, carriériste, espiègle, agnostique, je suis une femme. En boubou, en costume, robe fleurie ou motarde, je suis une femme. Sous un voile, nue sous le soleil, politique, utopiste, je suis une femme.

    Debout devant l’horizon, à genoux dans l’espérance, lorsque le désir s’empare de mon être et qu’il ne reste rien que je ne puisse entreprendre, quand l’ambition est mon soleil et que le rêve devient réalité, j’inspire…Forte et fragile, courageuse et lâche, cruelle et bienveillante. Comme l’homme, mon parallèle, mon égal.

    Je suis une femme... Rendez-vous sur Hellocoton !
    Aimer…

    Aimer…

    Ouvrir les yeux au petit matin, tourner le visage vers celui qui accompagne vos jours et sourire :

    aimer.

    Passer son visage sous l’eau froide, s’observer dans le miroir et y voir toujours, derrière les marques du temps qui s’écoule, l’enfant obstinément vivace :

    aimer.

    Ouvrir les volets, sentir le soleil sur sa peau, entendre la brise nous parler de la journée qui s’annonce, inspirer profondément :

    aimer.

    Boire une gorgée de café, s’attarder sur l’arôme, l’odeur, l’âcreté délicieuse, savourer :

    aimer.

    Embrasser un ange qui dort du sommeil de l’innocence et des rêves à réaliser, sentir son coeur se gonfler immensément devant cet être qui nous ressemble un peu, un sentiment que rien ne peut contraindre, soumettre, arrêter ou amoindrir :

    aimer.

    Donner à manger au chien, caresser sa grosse tête carrée dont les yeux sont remplis de tendresse :

    aimer.

    Saluer l’autre qui se lève à son tour, le prendre dans ses bras, réaliser que malgré les sillons, les épreuves, les attentes parfois déçues, les différences, la terrible et magnifique humanité dont il est empreint, dans ses bras on est chez soi :

    aimer.

     

    Et puis vivre….

    Conduire.

    Courir. Contempler l’océan.

    Se délecter des rires de l’enfant. Rire aussi.

    Attendre.

    Pleurer parfois.

    Essayer de comprendre. Laisser vibrer les colères. Ressusciter l’espoir.

    Nager. Manger. Tergiverser.

    Se gargariser des grandes tablées familiales.

    Etre à la maison, tout compte fait.

    Etre bien.

    Se dissiper sous la paperasse insupportable.

    Etre libre, tout de même.

    Choisir sa Voie…

    …..Choisir sa Voix.

    Prendre. Donner. Arracher. Offrir.

    Aimer. Aimer, enfin. Aimer, toujours. Obstinément, aimer.

     

    Ne faire que cela. N’être que cela. Un être qui aime, un peu, pas assez, trop, mal, comme il faut….

    Etre possiblement tout mais véritablement rien d’autre que cela. Comme nous tous qui sommes là.

    C’est bien beau, me direz-vous. Et ceux qui sont fous, demanderez-vous. Ceux qui font des choses horribles? Des choses que tu n’oses même pas taper sur ton clavier? Des choses que tu effaces de tes pensées pour ne pas sentir la brûlure vive en lieu et place du coeur? Sont-ils amour, eux aussi?

    Ils sont l’amour qui manque, l’amour absent, l’amour qui cruellement fait défaut, ils sont l’amour éteint, l’amour inanimé.

    Aimer est la seule issue. Aimer est le seul chemin. Nous ne pouvons faire que cela. Derrière les haines crachées, c’est l’amour mort-né. Derrière les violences infâmes, c’est l’amour fini, l’amour flapi, l’amour crevé. Derrière les ignominies dont l’homme est tristement capable, c’est l’amour cadavre, l’amour croupissant, l’amour rétamé, disparu.

    La dépouille de l’amour, c’est l’abomination.

    Et pour ressusciter l’amour macchabé?

    Une seule voie, une seule prière, un seul rêve, quelques mots pour un seul espoir, une seule échappatoire :

    Aimer.

    On peut le scander inlassablement, l’ériger en idéal, le choisir comme lutte. Il peut prendre tant de visages, de définitions, d’odeurs, de couleurs. C’est une Terre, un drapeau, une appartenance, une liberté. C’est un acharnement, une résistance, un trésor. Il est l’absolu, le choix souverain, la Foi.

    La seule réponse qui vaille :

    L’amour.

     

    AMOUR

     

    Je partage l'amour...
    Rendez-vous sur Hellocoton !
    Se heurter…

    Se heurter…

    En commençant cet article, je n’ai pas d’idée précise en tête. C’est pas bien, je sais. Je n’ai pas déterminé de fil conducteur , je n’ai pas défini de titres, sous-titres, grandes lignes générales. J’ignore même quel sera mon prochain mot. Je suis en roue libre, comme ça m’arrive très fréquemment dans la vie. Je n’ai qu’une sensation, que je n’ai pas seulement à l’esprit, mais qui se promène dans le corps, et c’est à cette ballade impudente que je reconnais sa profondeur et sa ténacité. Une sensation qui renvoie au heurt, à la secousse douloureuse, sorte de carambolage des émotions. Cette sensation, appelons-la fracas.

    Le fracas.

    C’est le bruit violent de quelque chose qui se brise. Comme les vagues qui heurtent les rochers. Le fracas dont je parle est un bruit assourdissant, mais continu, intérieur et clandestin. Il est né, donc, au creux de la poitrine, et ne semble vouloir faiblir que lorsque la fatigue l’emporte. Mais le corps est résistant, une vraie machine de guerre, et l’âme est solide elle aussi. Le coeur fissuré donne aux yeux une teinte d’absence, à qui sait observer derrière les sourires, les rires même, et les conversations quotidiennes.

    Parfois, le fracas est comme un marteau-piqueur, il creuse et éprouve. Parfois, il s’adoucit, se change en vrombissement étouffé, ce qui peut être pire.

    Le fracas n’empêche pas vraiment la joie, ni les élans d’amour, ni les espoirs, ni les projets. Il rend les choses moins faciles, les accomplissements moins complets, les ébauches plus sombres. C’est un clair-obscur, la vie quoi, me direz-vous peut-être. C’est vrai, j’en conviens.

    Le fracas n’est pas la déprime, certainement pas la dépression, il est le choc après le heurt. Parfois, (j’en avais fait l’expérience il y a quelques années), un choc dure longtemps. Plusieurs jours, plusieurs mois. Il graille et graille, mugit obstinément. Vous pourriez objecter qu’un fracas ne dure pas. Mais je n’ai pas d’autre mot pour mieux définir cette sensation, qui dure pourtant comme le reflux incessant des vagues lors d’une marée sans fin.

    Se heurter…

    Il arrive que l’autre, un parent, un ami, un voisin, un enfant, se confronte et vous blesse. N’est-ce pas le propre de l’homme? La guerre, le pouvoir, la raison et la déraison…Les choses qu’on ne dit pas, parce qu’on reste à sa place, parce que la culpabilité est un hameçon bien accroché, parce qu’on espère, qu’on tempère, qu’on enfouit plus profondément encore ce qu’on a déjà enterré sous une montagne de silence. Ces choses donc, qui un jour, explosent, pour un rien, un mot sans importance, le prétexte attrapé au vol…et qui labourent tout sur leur passage. Après le heurt, voilà le fracas durable. Les mains tremblent, on peste et on rugit, on explose et on balance toutes les obligations par-dessus l’épaule, on se fout de tout, sauf de ce qui ne bouge jamais. L’amour, tel un roc, ne se déplace pas d’un millimètre, reste en place, solide, inaltérable, inaliénable. Et après?

    S’aimer…

    Après, la résilience. Le coeur fissuré cicatrise.

    Je n’ai, évidemment, aucun conseil à donner. Pas de tenue de route, je zigzague sans arrêt en plissant les yeux pour rester à peu près dans les lignes. Mais il y a quelque chose que j’ai appris : l’amour de soi est essentiel, incontournable. Quelles que soient les difficultés, les montagnes à gravir, les heurts et les fracas, les fautes (les nôtres et celles des autres), les hivers et les canicules, l’amour de soi est essentiel, incontournable. Ensuite, éventuellement, il y a le pardon ou l’absence de pardon, mais les blessures s’estompent avec le temps.

    J’accepte donc ce fracas. Je sais qu’il durera le temps qu’il faudra pour que je comprenne ce qu’il y a à comprendre.

    Il ne m’empêche pas d’avancer. Il voile simplement le soleil. Momentanément.

    Et puis, la vie est belle.

     

     

    Rendez-vous sur Hellocoton !
    9 trésors à glisser sous le sapin

    9 trésors à glisser sous le sapin

    L’année dernière, j’avais partagé avec vous ma liste de Noël un peu particulière, que vous pouvez retrouver  Je suis chanceuse, j’avais eu pas mal de ce que j’avais commandé! Mais le contexte était très différent. Cette année, je suis rentrée en Nouvelle-Calédonie (euh, on va finir par la savoir là, Ena!!) et c’est un Noël en famille et en été que je m’apprête à passer.

    Festivités obligent, je vous ai préparé une petite liste. Ces 9 trésors à glisser sous le sapin sont pour moi des incontournables…

     

    Les romans

    Il y en a des romans que j’ai aimé viscéralement. Ces trois-là sont de ceux qui (entre autres, car le choix est cornélien) m’ont bouleversée, imprégnée, conquise définitivement. De ces romans que l’on lit et que l’on relit, et que l’on découvre un peu plus à chaque fois.

    Kafka sur le rivage

    Ceux qui me connaissent savent bien qu’Haruki Murakami est l’un de mes auteurs fétiches, peut-être mon préféré. Son dixième roman, Kafka sur le rivage, est mon favori. Un récit initiatique qui vous emporte loin de votre quotidien. L’histoire d’un adolescent qui s’enfuit de chez lui pour échapper à une prophétie et d’un vieil homme qui sait parler aux chats. De la poésie romancée, valse enivrante, savoureuse, à la fois violente et douce, qui est pour moi la signature de Murakami.

    La conjuration des imbéciles

    Lorsque ma mère m’a conseillé de lire ce livre, je devais avoir 17 ans, et je n’ai pas accroché tout de suite. J’ai lu quelques pages et puis je l’ai reposé pour ne l’ouvrir à nouveau que plusieurs années plus tard. Emerveillée par le style. Captivée par l’histoire. Enchantée par le personnage. Son auteur, John Kennedy Toole, s’est suicidé en 1969, désespéré de ne pas trouver d’éditeur pour son chef-d’oeuvre. Parce que oui, la conjuration des imbéciles, c’est une un pur délice. A déguster sans modération.

    Les catilinaires.

    Le troisième roman d’Amélie Nothomb est pour moi son meilleur, et de loin. Un couple de retraités qui réalise son rêve et se pose enfin dans une maison au fond des bois. Heureux. Sauf qu’ils ont un voisin qui s’installe chaque jour dans leur salon, un gros homme mutique dont la présence va finir par faire du quotidien du vieux couple un enfer. C’est noir, c’est drôle, c’est horrifiant.

     

     

     

     

     

     

     

    Les livres éthiques

    Vegan

    Comment passer à côté du livre de recettes de Marie Laforêt? Impossible! C’est un classique du genre. Plus de 300 pages de cuisine végétalienne accessible, avec des petits plats et gourmandises franchement délicieux, des explications claires et bienveillantes et des photos superbes.

    Antispéciste

    J’avoue, je suis une fan absolue d’Aymeric Caron. Je vous avais déjà parlé de ce livre lorsque je l’avais lu dans cet article. Les arguments me semblent irréfutables, le style est clair et concis, Caron convainc assurément. Bon, en ce qui me concerne, c’est prêcher une convaincue mais je ne peux pas imaginer que l’on aille au bout d’Antispéciste sans le devenir (un peu…non?)

    J’aime pas les côtelettes

    Et puis, on pense à nos loulous. Et si le père Noël cette année leur offrait un joli conte, dans lequel un petit ogre refuse de manger de la viande? Mon p’tit mec a adoré, j’ai dû le lire au moins 65 soirs de suite!! On le connait par coeur tous les deux 🙂

     

     

     

     

    La musique

    Là, honnêtement, c’est juste que ces trois-là, je ne pourrais pas m’en passer…A un moment donné, il faut que je les écoute. Mais la musique, c’est comme les romans : il y a tellement de choix et tellement de talents….

    Entre autres donc, les trois albums dont je ne pourrais jamais me défaire et qui sont chouettes à offrir :

    Samedi soir à Beyrouth

    Lavilliers sait écrire des chansons qui imprègnent l’âme. Cet album-là est merveilleux de précision, d’envolées, de rêves incandescents, de violence et d’amour. Il est incontournable pour qui aime la chanson française et les mots.

    Wish you were here

    Diamantesque.

    Coup de gueule

    Tiken Jah Fakoly, c’est le chanteur préféré de mon loulou de 6 ans et j’en suis pas peu fière!! Tiken est de ceux qui montrent le chemin avec leur voix, leur énergie, leurs textes. Il est beau, il est bon, il est impossible en l’écoutant de ne pas sentir sa conscience s’éveiller tout en ayant une furieuse envie de danser…

     

    Et puis, un dixième pour la route…parce que Rimbaud est la définition de l’incontournable.

    Et puis un onzième (et je m’arrête là!)…parce que Björk quoi.

     

     


    Je vous souhaite de très joyeuses fêtes de fin d’année…et beaucoup de bonheur, de plaisir, de rires et de belles émotions.

    Rendez-vous sur Hellocoton !
    J’écris…

    J’écris…

    J’écris. Bien que je ne sache ni comment vraiment, ni pourquoi.

    J’écris obstinément.

    Sous le soleil ardent, quand la peau brûle.

    Sous la lumière blafarde des néons du bureau où j’égrène trop d’heures.

    Au crépuscule, lorsque les doutes se figent à l’heure du repos.

    Dans l’obscurité des insomnies, quand les peurs se ravivent, que les élans s’élaborent.

    J’écris même, et surtout, quand je ne manie pas de plume. Ce sont les voix dissonantes qui imposent la mesure. Tempo entêtant de la vie qui continue sa course effrénée. Spécialement lorsqu’on a l’illusion de stagner, statue de sel qui s’effrite au vent de nos regrets. Mais des remords, jamais.

    Pour qui donc écrire? Quels sont les espoirs tapis dans les mots, dans l’allure? J’écris depuis toujours, c’est la seule chose que je fais sans but ni dessein. Ecrire pour écrire, voilà qui ressemble à une vérité. Pas la réalité, non, car celle-ci n’est souvent qu’une illusion au sourire trop confiant. Un visage un peu fou, avec une bouche qui s’étire à s’en voiler la face, voilà tout ce qu’elle est.

    Je ne sais pas si l’écriture peut me définir plus qu’autre chose. Que les drames et les rires. Que les joies indicibles et les violents ennuis. Je n’ai pas changé absolument. J’ai opté pour le changement, et bien qu’occupée tout entière à ce profond bouleversement, je suis restée la même. Ou plutôt, je suis redevenue celle qui dormait en moi et que j’étais toujours. Je ne suis plus si loin de la quarantaine, et pourtant, le miroir où mon âme se complaît me renvoie le reflet d’une adolescente qui, me semble-t-il, ne vieillira pas.

    Néanmoins, Jean d’Ormesson est mort aujourd’hui.

     

    Rendez-vous sur Hellocoton !