Author Archive for: Armelleboutin

Enaëlle

About Enaëlle

    La beauté…

    La beauté…

    Je suis dans un regard, un sourire, une main qui se tend.

    Souvent, je me maintiens même et toujours dans une démarche alourdie par le poids des années, des chutes et des rechutes, des maux qui se gravent sur la chair résolument.

    Oh bien sûr, vous me verrez éblouissante sur les podiums, scintillante sous les regards des juges et des jugements, me tenant droite et fière, lorsque je crois, pendant quelques instants, qu’il n’y a que la pulpe, le muscle, l’enveloppe pour me définir.

    Ah, cruelle et tendre concupiscence!

    Mais vous me croiserez aussi dans l’ombre, sur les mains arides et les sillons autour des yeux, sur les capitons, les bourrelets et les bouches gercées,les gorges assoiffées,et même dans les bas-fonds, et même au fond des cales des navires remplis de pauvres affligés.

    Je suis dans les épaules dressées et la poitrine bombée des jeunes escamoteuses,et sur le visage brouillé de la mère de famille qui n’a pas fait sa nuit.

    Je flambe sur les comptes Instagram, grâce à l’angle parfait et à la retouche idéale. Je m’expose, je me farde, je fais la moue, j’adopte l’admirable posture. Je vais jusqu’à me targuer de la perfection, et je peux illusionner la terre entière.

    Mais ne croyez pas que la barbaque seule puisse me déterminer.

    Ni shampooing révolutionnaire, ni crème miracle, ni régime efficace qui puissent seuls me sculpter.

    Car il faut la flamme.

    Il faut l’esprit.

    Il faut le geste discret et désintéressé.

    Il faut la bonté, l’intelligence, il faut le courage.

    Il faut la créativité.

    Il faut le rêve qui illumine la pupille, il faut l’espoir qui auréole de lumière la silhouette.

    Il faut l’amour.

    L’amour de soi,

    l’amour de l’autre,

    l’amour fou,

    l’amour inconditionnel.

     

    Je suis dans le souffle, le premier et le dernier.

    Je suis dans le rire, malgré la peur et la lassitude.

    Je suis dans le sommeil serein de l’enfant et dans l’attente fébrile du père.

    Je suis dans l’épuisement de celle qui vient de donner la vie et dans les courbatures de l’ouvrier.

    Je suis partout et je suis surtout où il faut y regarder à deux fois pour me voir.

     

    Je suis la beauté.

     

     

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    Je suis une femme…

    Je suis une femme…

     

    Lorsque ses yeux rient, que sa bouche me plaît, que ses faiblesses se dévoilent,

    je suis une femme.

    Lorsque ses mains s’avancent, que ses bras m’étreignent, que son souffle tiède caresse ma nuque,

    je suis une femme.

    Lorsque ses mots se gravent, les beaux comme les durs, dans ma mémoire capricieuse,

    je suis une femme.

    Je suis une femme aussi lorsqu’il s’en va. Lorsque la solitude s’installe et prend ses aises. Lorsque de lui, il me reste un vague souvenir. Qui était-il déjà ? Quelle ombre, à quelle époque ? Quelle bravade à quelle mascarade ?

    Je suis une femme dans la lourdeur du silence, dans l’agitation de la nuit, dans la douleur des soubresauts pathétiques.

    Je suis une femme lorsque je dois marcher, suivre la voie tracée. Lorsque j’emprunte cette route, que je ne me laisse pas le choix, que je courbe l’échine,

    je suis une femme.

    Toujours, je suis une femme lorsque je prends les rênes, lorsque je me redresse et que ni l’ombre ni la lumière ne m’effraient plus, lorsque que je bifurque sur le sentier incertain, déconcertant.

    Quand la déroute guide mes pas,

    je suis une femme.

    Je suis une femme lorsque l’espoir enchante le quotidien, lorsque la danse survient, et que mon visage et tout mon corps sourient.

    Dans la moiteur des prières murmurées, les intimes, les sibyllines,

    je suis une femme.

    Lorsque je me relève après être tombée, époussetant les doutes et asséchant les larmes, dans la résilience,

    je suis une femme.

    Lorsque je porte la vie, je suis une femme. Lorsque je donne le sein, que je donne le bain, que je donne le pain, je suis une femme. Lorsque mon cœur se gonfle d’un amour extraordinaire d’aimer autant l’enfant, lorsque je suis une mère, je suis une femme.

    Lorsque les cicatrices, lorsque les rides, lorsque les brèches et les empreintes, lorsque le temps marque et alourdit, dans ma chair, je suis une femme. Lorsque les rires et les éclats, lorsque les larmes et les émois, lorsque les accalmies et les agitations, je suis une femme.

    Face à l’amour, au plaisir, à la séduction, la fascination, la magie et le charme, je suis une femme. Devant la colère, le mépris, le dédain, les présomptions, les injustices, les injonctions, je reste une femme. Face à l’admiration, aux mirages, à l’acceptation, à l’élégance, à la grâce, à la joie,

    je suis une femme.

    Et devant le sexisme, les abus, les dommages, les intérêts, la malveillance, la persécution, je reste une femme.

    Multitâches, multipare, métisse, multilingue,

    je suis une femme.

    Célibataire, carriériste, espiègle, agnostique, je suis une femme. En boubou, en costume, robe fleurie ou motarde, je suis une femme. Sous un voile, nue sous le soleil, politique, utopiste, je suis une femme.

    Debout devant l’horizon, à genoux dans l’espérance, lorsque le désir s’empare de mon être et qu’il ne reste rien que je ne puisse entreprendre, quand l’ambition est mon soleil et que le rêve devient réalité, j’inspire…Forte et fragile, courageuse et lâche, cruelle et bienveillante. Comme l’homme, mon parallèle, mon égal.

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    Aimer…

    Aimer…

    Ouvrir les yeux au petit matin, tourner le visage vers celui qui accompagne vos jours et sourire :

    aimer.

    Passer son visage sous l’eau froide, s’observer dans le miroir et y voir toujours, derrière les marques du temps qui s’écoule, l’enfant obstinément vivace :

    aimer.

    Ouvrir les volets, sentir le soleil sur sa peau, entendre la brise nous parler de la journée qui s’annonce, inspirer profondément :

    aimer.

    Boire une gorgée de café, s’attarder sur l’arôme, l’odeur, l’âcreté délicieuse, savourer :

    aimer.

    Embrasser un ange qui dort du sommeil de l’innocence et des rêves à réaliser, sentir son coeur se gonfler immensément devant cet être qui nous ressemble un peu, un sentiment que rien ne peut contraindre, soumettre, arrêter ou amoindrir :

    aimer.

    Donner à manger au chien, caresser sa grosse tête carrée dont les yeux sont remplis de tendresse :

    aimer.

    Saluer l’autre qui se lève à son tour, le prendre dans ses bras, réaliser que malgré les sillons, les épreuves, les attentes parfois déçues, les différences, la terrible et magnifique humanité dont il est empreint, dans ses bras on est chez soi :

    aimer.

     

    Et puis vivre….

    Conduire.

    Courir. Contempler l’océan.

    Se délecter des rires de l’enfant. Rire aussi.

    Attendre.

    Pleurer parfois.

    Essayer de comprendre. Laisser vibrer les colères. Ressusciter l’espoir.

    Nager. Manger. Tergiverser.

    Se gargariser des grandes tablées familiales.

    Etre à la maison, tout compte fait.

    Etre bien.

    Se dissiper sous la paperasse insupportable.

    Etre libre, tout de même.

    Choisir sa Voie…

    …..Choisir sa Voix.

    Prendre. Donner. Arracher. Offrir.

    Aimer. Aimer, enfin. Aimer, toujours. Obstinément, aimer.

     

    Ne faire que cela. N’être que cela. Un être qui aime, un peu, pas assez, trop, mal, comme il faut….

    Etre possiblement tout mais véritablement rien d’autre que cela. Comme nous tous qui sommes là.

    C’est bien beau, me direz-vous. Et ceux qui sont fous, demanderez-vous. Ceux qui font des choses horribles? Des choses que tu n’oses même pas taper sur ton clavier? Des choses que tu effaces de tes pensées pour ne pas sentir la brûlure vive en lieu et place du coeur? Sont-ils amour, eux aussi?

    Ils sont l’amour qui manque, l’amour absent, l’amour qui cruellement fait défaut, ils sont l’amour éteint, l’amour inanimé.

    Aimer est la seule issue. Aimer est le seul chemin. Nous ne pouvons faire que cela. Derrière les haines crachées, c’est l’amour mort-né. Derrière les violences infâmes, c’est l’amour fini, l’amour flapi, l’amour crevé. Derrière les ignominies dont l’homme est tristement capable, c’est l’amour cadavre, l’amour croupissant, l’amour rétamé, disparu.

    La dépouille de l’amour, c’est l’abomination.

    Et pour ressusciter l’amour macchabé?

    Une seule voie, une seule prière, un seul rêve, quelques mots pour un seul espoir, une seule échappatoire :

    Aimer.

    On peut le scander inlassablement, l’ériger en idéal, le choisir comme lutte. Il peut prendre tant de visages, de définitions, d’odeurs, de couleurs. C’est une Terre, un drapeau, une appartenance, une liberté. C’est un acharnement, une résistance, un trésor. Il est l’absolu, le choix souverain, la Foi.

    La seule réponse qui vaille :

    L’amour.

     

    AMOUR

     

    Je partage l'amour...
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    Se heurter…

    Se heurter…

    En commençant cet article, je n’ai pas d’idée précise en tête. C’est pas bien, je sais. Je n’ai pas déterminé de fil conducteur , je n’ai pas défini de titres, sous-titres, grandes lignes générales. J’ignore même quel sera mon prochain mot. Je suis en roue libre, comme ça m’arrive très fréquemment dans la vie. Je n’ai qu’une sensation, que je n’ai pas seulement à l’esprit, mais qui se promène dans le corps, et c’est à cette ballade impudente que je reconnais sa profondeur et sa ténacité. Une sensation qui renvoie au heurt, à la secousse douloureuse, sorte de carambolage des émotions. Cette sensation, appelons-la fracas.

    Le fracas.

    C’est le bruit violent de quelque chose qui se brise. Comme les vagues qui heurtent les rochers. Le fracas dont je parle est un bruit assourdissant, mais continu, intérieur et clandestin. Il est né, donc, au creux de la poitrine, et ne semble vouloir faiblir que lorsque la fatigue l’emporte. Mais le corps est résistant, une vraie machine de guerre, et l’âme est solide elle aussi. Le coeur fissuré donne aux yeux une teinte d’absence, à qui sait observer derrière les sourires, les rires même, et les conversations quotidiennes.

    Parfois, le fracas est comme un marteau-piqueur, il creuse et éprouve. Parfois, il s’adoucit, se change en vrombissement étouffé, ce qui peut être pire.

    Le fracas n’empêche pas vraiment la joie, ni les élans d’amour, ni les espoirs, ni les projets. Il rend les choses moins faciles, les accomplissements moins complets, les ébauches plus sombres. C’est un clair-obscur, la vie quoi, me direz-vous peut-être. C’est vrai, j’en conviens.

    Le fracas n’est pas la déprime, certainement pas la dépression, il est le choc après le heurt. Parfois, (j’en avais fait l’expérience il y a quelques années), un choc dure longtemps. Plusieurs jours, plusieurs mois. Il graille et graille, mugit obstinément. Vous pourriez objecter qu’un fracas ne dure pas. Mais je n’ai pas d’autre mot pour mieux définir cette sensation, qui dure pourtant comme le reflux incessant des vagues lors d’une marée sans fin.

    Se heurter…

    Il arrive que l’autre, un parent, un ami, un voisin, un enfant, se confronte et vous blesse. N’est-ce pas le propre de l’homme? La guerre, le pouvoir, la raison et la déraison…Les choses qu’on ne dit pas, parce qu’on reste à sa place, parce que la culpabilité est un hameçon bien accroché, parce qu’on espère, qu’on tempère, qu’on enfouit plus profondément encore ce qu’on a déjà enterré sous une montagne de silence. Ces choses donc, qui un jour, explosent, pour un rien, un mot sans importance, le prétexte attrapé au vol…et qui labourent tout sur leur passage. Après le heurt, voilà le fracas durable. Les mains tremblent, on peste et on rugit, on explose et on balance toutes les obligations par-dessus l’épaule, on se fout de tout, sauf de ce qui ne bouge jamais. L’amour, tel un roc, ne se déplace pas d’un millimètre, reste en place, solide, inaltérable, inaliénable. Et après?

    S’aimer…

    Après, la résilience. Le coeur fissuré cicatrise.

    Je n’ai, évidemment, aucun conseil à donner. Pas de tenue de route, je zigzague sans arrêt en plissant les yeux pour rester à peu près dans les lignes. Mais il y a quelque chose que j’ai appris : l’amour de soi est essentiel, incontournable. Quelles que soient les difficultés, les montagnes à gravir, les heurts et les fracas, les fautes (les nôtres et celles des autres), les hivers et les canicules, l’amour de soi est essentiel, incontournable. Ensuite, éventuellement, il y a le pardon ou l’absence de pardon, mais les blessures s’estompent avec le temps.

    J’accepte donc ce fracas. Je sais qu’il durera le temps qu’il faudra pour que je comprenne ce qu’il y a à comprendre.

    Il ne m’empêche pas d’avancer. Il voile simplement le soleil. Momentanément.

    Et puis, la vie est belle.

     

     

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    9 trésors à glisser sous le sapin

    9 trésors à glisser sous le sapin

    L’année dernière, j’avais partagé avec vous ma liste de Noël un peu particulière, que vous pouvez retrouver  Je suis chanceuse, j’avais eu pas mal de ce que j’avais commandé! Mais le contexte était très différent. Cette année, je suis rentrée en Nouvelle-Calédonie (euh, on va finir par la savoir là, Ena!!) et c’est un Noël en famille et en été que je m’apprête à passer.

    Festivités obligent, je vous ai préparé une petite liste. Ces 9 trésors à glisser sous le sapin sont pour moi des incontournables…

     

    Les romans

    Il y en a des romans que j’ai aimé viscéralement. Ces trois-là sont de ceux qui (entre autres, car le choix est cornélien) m’ont bouleversée, imprégnée, conquise définitivement. De ces romans que l’on lit et que l’on relit, et que l’on découvre un peu plus à chaque fois.

    Kafka sur le rivage

    Ceux qui me connaissent savent bien qu’Haruki Murakami est l’un de mes auteurs fétiches, peut-être mon préféré. Son dixième roman, Kafka sur le rivage, est mon favori. Un récit initiatique qui vous emporte loin de votre quotidien. L’histoire d’un adolescent qui s’enfuit de chez lui pour échapper à une prophétie et d’un vieil homme qui sait parler aux chats. De la poésie romancée, valse enivrante, savoureuse, à la fois violente et douce, qui est pour moi la signature de Murakami.

    La conjuration des imbéciles

    Lorsque ma mère m’a conseillé de lire ce livre, je devais avoir 17 ans, et je n’ai pas accroché tout de suite. J’ai lu quelques pages et puis je l’ai reposé pour ne l’ouvrir à nouveau que plusieurs années plus tard. Emerveillée par le style. Captivée par l’histoire. Enchantée par le personnage. Son auteur, John Kennedy Toole, s’est suicidé en 1969, désespéré de ne pas trouver d’éditeur pour son chef-d’oeuvre. Parce que oui, la conjuration des imbéciles, c’est une un pur délice. A déguster sans modération.

    Les catilinaires.

    Le troisième roman d’Amélie Nothomb est pour moi son meilleur, et de loin. Un couple de retraités qui réalise son rêve et se pose enfin dans une maison au fond des bois. Heureux. Sauf qu’ils ont un voisin qui s’installe chaque jour dans leur salon, un gros homme mutique dont la présence va finir par faire du quotidien du vieux couple un enfer. C’est noir, c’est drôle, c’est horrifiant.

     

     

     

     

     

     

     

    Les livres éthiques

    Vegan

    Comment passer à côté du livre de recettes de Marie Laforêt? Impossible! C’est un classique du genre. Plus de 300 pages de cuisine végétalienne accessible, avec des petits plats et gourmandises franchement délicieux, des explications claires et bienveillantes et des photos superbes.

    Antispéciste

    J’avoue, je suis une fan absolue d’Aymeric Caron. Je vous avais déjà parlé de ce livre lorsque je l’avais lu dans cet article. Les arguments me semblent irréfutables, le style est clair et concis, Caron convainc assurément. Bon, en ce qui me concerne, c’est prêcher une convaincue mais je ne peux pas imaginer que l’on aille au bout d’Antispéciste sans le devenir (un peu…non?)

    J’aime pas les côtelettes

    Et puis, on pense à nos loulous. Et si le père Noël cette année leur offrait un joli conte, dans lequel un petit ogre refuse de manger de la viande? Mon p’tit mec a adoré, j’ai dû le lire au moins 65 soirs de suite!! On le connait par coeur tous les deux 🙂

     

     

     

     

    La musique

    Là, honnêtement, c’est juste que ces trois-là, je ne pourrais pas m’en passer…A un moment donné, il faut que je les écoute. Mais la musique, c’est comme les romans : il y a tellement de choix et tellement de talents….

    Entre autres donc, les trois albums dont je ne pourrais jamais me défaire et qui sont chouettes à offrir :

    Samedi soir à Beyrouth

    Lavilliers sait écrire des chansons qui imprègnent l’âme. Cet album-là est merveilleux de précision, d’envolées, de rêves incandescents, de violence et d’amour. Il est incontournable pour qui aime la chanson française et les mots.

    Wish you were here

    Diamantesque.

    Coup de gueule

    Tiken Jah Fakoly, c’est le chanteur préféré de mon loulou de 6 ans et j’en suis pas peu fière!! Tiken est de ceux qui montrent le chemin avec leur voix, leur énergie, leurs textes. Il est beau, il est bon, il est impossible en l’écoutant de ne pas sentir sa conscience s’éveiller tout en ayant une furieuse envie de danser…

     

    Et puis, un dixième pour la route…parce que Rimbaud est la définition de l’incontournable.

    Et puis un onzième (et je m’arrête là!)…parce que Björk quoi.

     

     


    Je vous souhaite de très joyeuses fêtes de fin d’année…et beaucoup de bonheur, de plaisir, de rires et de belles émotions.

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    J’écris…

    J’écris…

    J’écris. Bien que je ne sache ni comment vraiment, ni pourquoi.

    J’écris obstinément.

    Sous le soleil ardent, quand la peau brûle.

    Sous la lumière blafarde des néons du bureau où j’égrène trop d’heures.

    Au crépuscule, lorsque les doutes se figent à l’heure du repos.

    Dans l’obscurité des insomnies, quand les peurs se ravivent, que les élans s’élaborent.

    J’écris même, et surtout, quand je ne manie pas de plume. Ce sont les voix dissonantes qui imposent la mesure. Tempo entêtant de la vie qui continue sa course effrénée. Spécialement lorsqu’on a l’illusion de stagner, statue de sel qui s’effrite au vent de nos regrets. Mais des remords, jamais.

    Pour qui donc écrire? Quels sont les espoirs tapis dans les mots, dans l’allure? J’écris depuis toujours, c’est la seule chose que je fais sans but ni dessein. Ecrire pour écrire, voilà qui ressemble à une vérité. Pas la réalité, non, car celle-ci n’est souvent qu’une illusion au sourire trop confiant. Un visage un peu fou, avec une bouche qui s’étire à s’en voiler la face, voilà tout ce qu’elle est.

    Je ne sais pas si l’écriture peut me définir plus qu’autre chose. Que les drames et les rires. Que les joies indicibles et les violents ennuis. Je n’ai pas changé absolument. J’ai opté pour le changement, et bien qu’occupée tout entière à ce profond bouleversement, je suis restée la même. Ou plutôt, je suis redevenue celle qui dormait en moi et que j’étais toujours. Je ne suis plus si loin de la quarantaine, et pourtant, le miroir où mon âme se complaît me renvoie le reflet d’une adolescente qui, me semble-t-il, ne vieillira pas.

    Néanmoins, Jean d’Ormesson est mort aujourd’hui.

     

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    Les 5 clés du changement

    Les 5 clés du changement

    Nous ne sommes pas les mêmes à 20, 30 ou 40 ans. Même si nous possédons une nature profonde, les expériences, les rencontres, les événements, tous ces petits sentiers de la vie sur lesquels nous gambadons, creusent en nous des sillons, développant les différentes facettes de notre personnalité, et nous enrichissent. Et nos besoins, nos envies, nos élans, évoluent bien sûr au fil de cette histoire personnelle.

    Et parfois, nous comprenons que le changement est nécessaire. Sensation d’étouffement, de routine écrasante, démotivation, manque d’énergie, pulsions…Ou bien éclair de lucidité au cours d’une conversation anodine, idée grisante qui ne nous quitte plus….Je crois que notre subconscient, notre intériorité, notre karma, je ne sais pas vraiment comment appeler ça, sait user de mille stratagèmes pour forcer notre conscience à s’éveiller et impulser le changement.

    Voilà. Nous sommes en plein remue-ménage de notre quotidien, de notre vie en somme, ou d’une part de celle-ci. Nous sommes en remasterisation. Mais l’homme est aussi un être d’habitudes. Comment vivre le bouleversement le mieux possible? Comment traverser le changement sans trop de heurts? Voici 5 clés pour vivre une transition “fine’gueur ine ze nauze” 😉

    1. Définir ses objectifs.

    Que votre objectif nécessite des années de travail et de préparation, ou seulement quelques semaines, il est indispensable de le noter noir sur blanc et de détailler le plus précisément possible toutes les étapes en amont.

    Mais avant de se pencher sur la façon d’y arriver, encore faut-il savoir ce que vous voulez exactement, et vérifier si c’est bien en accord avec votre personnalité, vos valeurs, vos envies.

    → Qu’est-ce que je veux? Ce que je désire, ce à quoi j’aspire, mon idéal.

    → Est-ce en adéquation avec ma personnalité? Mes valeurs? Parfois, on pense vouloir être ou avoir quelque chose, mais en prenant le temps de se poser les bonnes questions et d’y répondre le plus honnêtement possible, on se rend compte qu’on s’est aligné sur les projets et les envies de quelqu’un d’autre, des circonstances, de la conjoncture…

    → Mon objectif doit être clair, avoir une échéance, et me motiver (car si la simple idée de travailler à atteindre mon objectif me fatigue, c’est que celui-ci ne me correspond peut-être pas).

    J’avais eu le plaisir d’écrire un article sur l’excellent livre de Jillian Michaels, “découvrez votre pouvoir illimité” sur le site Des livres pour changer de vie, qui traite le sujet en profondeur. Vous pouvez le lire ici : Découvrez votre pouvoir illimité.

    2. Croire (mieux : savoir!) que c’est possible.

    Croire en soi, c’est la condition sine qua non pour atteindre ses objectifs et vivre ses rêves. Augmenter sa confiance en soi démultiplie les chances de réussir. Avoir foi en ses capacités, savoir que l’on est apte à y arriver, mais aussi croire en son projet. Une fois que vous l’avez défini, votre rêve, qui est devenu un projet balisé d’étapes, doit vous coller à la peau, transpirer à travers vous.

    → Je définis mes intentions, j’y pense, j’y crois, je sais qu’elles sont faisables et parfaitement en harmonie avec moi-même, je les défends.

    La visualisation positive, j’en ai déjà un peu parlé ICI (d’ailleurs, je n’ai pas oublié que je devais développer le sujet dans un article consacré!!), est une aide précieuse et puissante. Ne sous-estimez pas le pouvoir de la visualisation. Le cerveau ne fait pas vraiment la différence entre un événement réel et imaginé clairement, avec concentration. Notre capacité à la rêverie est innée et la rêverie est souvent bienheureuse. Fermer les yeux et vous imaginer le plus clairement possible avoir atteint votre objectif, vous abandonner à cette sensation si agréable, n’est pas du temps perdu.

    → Très régulièrement, je prends le temps de me détendre et de visualiser le changement que je désire comme accompli. Comment sera mon quotidien alors? Que ressentirais-je? A qui parlerais-je? Comment seront structurées mes journées? Quelles seront mes pensées en me couchant le soir et en me levant le matin? Plus il y aura de détails, meilleure sera l’imprégnation. Je me mets sur les bonnes vibrations, de façon à attirer le meilleur.

    Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement (Francis Blanche)

    3. Passer à l’action.

    Mais vous pouvez passer votre journée à vous répéter des mantras d’accomplissement personnel et à faire des visualisations, si vous ne passez pas à l’action, vous ne vivrez aucun changement.

    Maintenant que vous avez accepté votre besoin de changement, que vous avez défini vos objectifs en rapport avec vos envies et votre nature, vous y voyez plus clair, vous pouvez vous projeter aisément, vous pouvez donc passer à l’action et appliquer votre plan. Jour après jour. Etape après étape. La moindre ancienne habitude remplacée par une nouvelle, aussi anodine puisse-t-elle paraître, initie le changement. Un voyage de mille lieux commence toujours pas un premier pas, comme disait Lao Tseu. Depuis quelques temps, je me lève tôt, pour avoir le temps avant de partir au boulot, de travailler sur les choses qui me plaisent, parce que je veux qu’elles aient une place dans ma vie. Ainsi, même si c’est une heure à peine chaque matin, j’envoie un message à mon subconscient (oui, toujours lui) : je suis prête pour le changement. Tellement prête que je sors de sous ma couette à 5h du mat’. Les messages que l’on envoie, même silencieux, sont entendus et pris en compte, j’aime à le penser. Délaisser l’ascenseur et prendre les escaliers si l’on veut bouger plus, même un ridicule étage : signal envoyé. Supprimer le café de 16h, même si l’on continue de boire celui du matin, du midi et du soir, lorsqu’on veut ralentir la caféine : signal envoyé.

    → Je sors de ma zone de confort, même un tout petit peu pendant un tout petit instant, ainsi j’expérimente le changement et les bénéfices sont réels.

    → Je me concentre sur mon objectif et ses étapes, je prends le temps de les relire, de m’en imprégner chaque jour, et j’y travaille.

    4. S’adapter.

    Il arrive souvent que l’on souhaite le changement, mais que l’on y résiste, très inconsciemment. Nous en avons peur. Il est inconfortable. La stabilité, les habitudes bien ancrées, sont confortables et réconfortantes. Mais plus l’on expérimente le changement, plus on est adaptables. Et l’adaptabilité est une compétence inestimable. Etre flexible, accepter les imprévus (quasi inévitables) et comprendre que les échecs sont inhérents à la réussite… En France, nous n’avons pas “la culture de l’échec”, qui est nettement mieux perçu et accepté ailleurs. J’en parle dans l’Etik Mag, où je me penche sur les bienfaits de vivre l’échec et pourquoi celui-ci est en réalité un oiseau de bon augure. Retrouvez-le là : Rebondir après un échec

    → J’accepte que certaines choses ne se déroulent pas forcément comme je l’avais prévu, je suis souple, je fais preuve de flexibilité. Je lâche prise…

    Qui a piqué mon Fromage? est un super livre qui traite du changement et d’adaptabilité. Je l’avais dévoré, offert à quelques amis, et je vous le conseille.

    5. Prendre soin de soi.

    Et bien entendu, qui veut aller loin ménage sa monture. Aussi fortes soit votre motivation et votre capacité à travailler, vous ne pouvez pas vous permettre de vous négliger pendant le voyage. Si vous le faites, même si vous êtes solide, votre corps vous rappellera à l’ordre, la plupart du temps de façon brutale (tous les virus qui traînent seront pour vous, vous vous casserez un bras, le burn out vous guettera et autres réjouissances…).

    → Je prends le temps de prendre soin de moi en ayant une activité physique, un hobby, en faisant un peu de yoga, de méditation, en lisant…

    → Je mange correctement (qualité et quantité), je dors suffisamment, si possible à heures régulières, j’écoute mon corps et tous les petits signes qu’il m’envoie.

    → Je ne néglige pas ma vie sociale. Consacrer du temps à sa famille et ses amis, c’est essentiel pour eux et pour nous.

    → J’apprends à respirer, à prendre du recul, à prendre la vie du bon côté…je prends soin de mon corps ET de mon esprit.


     

    nouvelle-calédonie

     

    J’ai vécu un gros changement récemment dans ma vie. Après 12 ans en France, je suis rentrée m’installer chez moi en Nouvelle-Calédonie. Et même si presque toute ma famille m’y attendait et que j’y allais le coeur léger, pleine d’enthousiasme, de bonheur même de rentrer à la maison, ça a été un virage à 360°, car tout dans mon quotidien a changé : du climat aux relations, du travail à l’alimentation…J’ai réalisé que, comme moi, mon pays avait changé au gré de ces dernières années, tout en restant foncièrement le même.

    Le changement, surtout lorsqu’il est voulu, est bénéfique. Il est souvent signe d’évolution personnelle. Il est dans tous les cas pourvoyeur de nouvelles opportunités. S’il est vécu en douceur, si l’on peut s’y préparer un minimum, si l’on croit en soi et en la viebonheur, si l’on est positif et que l’on prend soin de soi, tout se passe généralement bien.

    Soyons ouvert(e) au changement, car hormis celui-ci, rien n’est permanent.

    Le secret du changement consiste à concentrer son énergie pour créer du nouveau, et non pas se battre pour l’ancien (Dan Millman, Le guerrier Pacifique)


    N’hésitez pas à me laisser un petit commentaire et à partager cet article s’il vous a plu 🙂

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    Trois petits poèmes qui se promènent…

    Trois petits poèmes qui se promènent…

     

    Le chant du choéphore.

    Voici l’ennui long, englobant tous les rires passés,

    L’ennui de dérision, l’ennui du corps lassé.

    Sur l’ennui ennuyeux, je pose le chant vibrant

    Du jeune choéphore qui va sans lassitude.

    Mais la nuit sur la ville amène l’incertitude :

    Le chant est lancinant.

    Posée sur le sofa, jambes recroquevillées,

    Je regarde Bouddha, statuette posée

    Sur la bibliothèque. Détient-il mes secrets?

    Je cherche l’illusion que mon esprit fourbu,

    Avide de passion eût pu agréanter.

    Ma gorge est rougeoyante et mes souvenirs nus.

    Rien ne vient.

     

    Réflexion

    Les joies du voisinage.

    Je rentrais du boulot, fourbue, lasse, fatiguée.

    -La cage d’escalier me sembla triste et grise-

    Résignée au programme -soupir désabusé-

    D’un soir de solitude et de glaciale brise.

    Mais sur le palier, voici qu’une odeur forte,

    Enivrante au possible me chavira le coeur.

    Oubliant bienséance, je frappai à la porte ;

    Trois jeunes hommes ouvrirent et sourirent en choeur.

    “Quel est donc ce parfum?”, demandai-je, gourmande.

    “C’est une paix qui flotte”, me répondit l’un d’eux,

    “Voudrais-tu donc entrer? Nous t’en ferons l’offrande.”

    Et bien sûr, acceptant, ‘m’installai avec eux.

    Le divan était large, d’une belle couleur orange,

    Aux murs, des tableaux propices à l’évasion…

    L’un des hôtes me tendit avec un sourire d’ange

    Un joint que je fumais non sans grande émotion.

    A genoux dans l’honneur et dans le temps perdu.

    Ayant ôté ses masques, elle fut nue devant lui,

    A genoux sur le sol des graves infamies.

    Une lointaine tarasque rugit de cet honneur

    Dont l’homme, d’un regard sec, avait tué le coeur.

    Elle pleura son amour, lui murmura les mots

    De la folle rédemption en un noble sanglot.

    Mais allongé, serein, il resta silencieux.

    Elle supplia en vain et puis ferma les yeux.

    Un souffle d’une rare violence vint balayer les cris :

    Elle perdit tous ses masques et fut vieille devant lui.

    Elle se releva, changeante .

    Un calme carnassier s’installa dans l’esprit :

    Plus aucun raisonnement qu’hier il ne fuyait.

    Les révoltes moururent, que le coeur bénissait.

    Et le corps se stria de longues litanies.

    Puis, ce fut l’aube nouvelle, sans heurt et sans audace,

    Après le sommeil long, médiocre et inutile.

    Et la résignation, dangereuse, efficace,

    Se promena dans l’âme et d’une larme fragile

    La maquilla de gris.


    Je lis des poèmes...
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    Le vegan, cet emmerdeur…

    Le vegan, cet emmerdeur…

    Quand on est vegan, même les gens les plus ouverts dans notre entourage, les plus attentionnés, ceux qui vous aiment et vous respectent, et qui ne partagent pas avec vous ce mode de vie, auront, à un moment ou à un autre un soupir légèrement exaspéré ou lèveront les yeux au ciel.
    C’est un fait, les vegans sont, au mieux des casse-bonbons, au pire des juges insupportables. Faut pouvoir se les farcir à une soirée barbecue avec leur moue dégoûtée devant votre merguez, pendant la sortie scolaire à la ferme (si le parent vegan daigne autoriser sa pauvre progéniture à y participer, il/elle viendra forcément pour ne pas manquer d’expliquer en quoi cette vache laitière est esclavagisée et son rejeton de s’écrier “oh, les pauvres petits veaux séparés de leur maman! Et les cochons, ils vont bientôt mourir, dis?”, de quoi foutre les boules à tout le monde), ou en plein hiver, quand bien emmitouflé dans votre super pull en laine, vous avez droit à ses regards désapprobateurs et à une longue litanie sur les conditions barbares de la production lainière!
    Oui, le vegan est chiant. Parce que…

    Le vegan est prétentieux.

    Le vegan a “parcouru le chemin”, comme il aime dire. Il est souvent assez paradoxal, car il se targue haut et fort d’avoir atteint un niveau de conscience supérieur qui lui permet de refuser l’exploitation animale sous toutes ses formes. Le vegan a un ego surdimensionné.

    Il a vu la lumière.

    Il a lu les livres.

    Il suit un courant philosophique éthique.

    Le vegan a compris, lui.

    Et de citer pèle-mêle Percy Shelley, Einstein, Pythagore et Paul McCartney….Et Gandhi, bien sûr! Jamais oublier Gandhi!

    vegan

    Le vegan est moralisateur.

    C’est une évidence! Combien d’amoureux du sauté de veau qui se sont mis au défi de dénicher un vegan tolérant et qui cherchent encore? On le disait plus haut, un vegan digne de ce nom ne manquera pas de vous faire une remarque sur votre sac en cuir / le miel sur votre tartine / le lait dans votre café / votre oeuf au plat / votre rouge à lèvres L’oréal. Personnellement, je me raisonne autant que faire se peut et je fournis un effort surhumain pour ne pas lâcher un accusateur “tu sais que le cochon est aussi intelligent qu’un enfant de 3 ans?” au copain qui dévore son sandwich au jambon. J’essaie de faire preuve d’empathie et de tolérance, nous ne sommes pas tous à la même étape sur le chemin de la conscience éclairée (oui, je suis vegan donc mon ego est repu et bien dodu, merci 😉 )

    A ce sujet, une petite vidéo de JP Sears, que je trouve plutôt drôle…

    Le vegan est extrémiste.

    Oh oui! Qui demande au serveur du Subway de changer ses gants en plastique parce qu’il vient de toucher une tranche de fromage avec? Qui refuse obstinément d’ajouter une cuillère de miel à sa tisane de thym lorsque sa gorge n’est plus qu’un brasier? Qui se demande si les vaccins contiennent des substances animales? Qui n’achète que des Benson Gold parce que ces cigarettes ne sont pas testées sur les animaux? Qui a un magnet “pas de cadavre dans mon garde-manger” collé sur son frigo? Le vegan, bien sûr. Parfois, le vegan peut faire penser au témoin de Jéhovah qui refuse les transfusions sanguines…Le vegan peut s’installer sur une place publique, se mettre à poil, se tartiner de ketchup et s’allonger par terre. Souvent, le vegan aime frapper fort. Libérer des animaux dans les labos. Bloquer les abattoirs. Inonder votre mur facebook d’images dégueulasses de poussins broyés et de moutons égorgés. Le vegan est tellement extrémiste qu’il parait essentiel de créer des sites et des pages facebook anti-vegan. Une riposte apparemment nécessaire pour les carnivores endurcis, chasseurs et amoureux de la fourrure.

    Le vegan est stupide.

    On a déjà dit que le vegan aimait faire la morale, mais c’est à se demander parfois s’il ne préfère pas une chèvre à son propre frère. Le vegan n’a aucune considération pour votre sensibilité. Quand il parle de vache laitière, il utilise le mot “viol” et se demande pour quelle raison vous buvez du lait animal mais refuseriez de boire le lait d’une femme. Le vegan ne voit pas la différence. Le vegan se dit très souvent antispéciste. Et de vous expliquer qu’il ne fait pas de distinction hiérarchique entre les êtres vivants. Que chacun a la même impulsion de vie, et qu’il faut respecter ça. Le vegan n’a-t-il pas installé un anti-moustique dans sa chambre cet été? Le vegan n’a-t-il pas hurlé “Hiii! Au secours! Fous-la dehors!” devant l’énorme araignée qui s’était faufilée dans la maison? (là, on parle de moi, vous l’aurez compris…) Le vegan est incohérent.

    Le vegan rabâche et fanfaronne.

    Parce qu’il est prétentieux, bien sûr, il se vante d’être végé tout comme Joaquin Phoenix, Paul Watson, Jared Leto, Natalie Portman, Al Gore, Bill Clinton, Moby, Thom Yorke, Jane Goodall, Léonard de Vinci, Steve Jobs, Carl Lewis, Johnny Depp, Samuel L Jackson, David Duchovny, Kafka, Penelope Cruz, Pink, Djokovic ou Mike Tyson. (personnalités végétariennes et végétaliennes confondues). Comme si vous, vous vous vantiez de bouffer des steacks frites comme Depardieu, Luchini ou Kim Kardashian!

    Et puis, le vegan parle é-nor-mé-ment de son véganisme. Qui n’est “pas une mode”, même si c’est à la mode, “pas un régime”, même si ça peut y ressembler pour vous, mais un “mode de vie”, “une philosophie de vie”, “des valeurs”, voire “une profession de foi” (ça c’est moi…et là on lève les yeux au ciel tous en choeur! pff, une profession de foi, qu’est-ce qu’il faut pas entendre!!).

    Oui, le vegan est chiant. Mais vous savez ce qui nous rendrait moins pénibles? Que tout le monde devienne vegan! Yeah! #irrecupérable

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    Véganisme et écologie

    Véganisme et écologie

    L’idée de cet article m’est venue en lisant la rubrique de Pierre Lance dans le numéro de septembre du magazine Alternatif Bien-être qui se définit comme “le journal d’informations des solutions alternatives de santé” et qui, très souvent, est rempli d’articles intéressants et de bons conseils.

    Le titre m’a interpellée, forcément : “pourquoi je ne mangerai pas vegan”. Très rapidement, parce que je n’ai pas envie de m’étendre là-dessus, j’aimerais préciser que je trouve cette façon d’aborder un sujet contre-productive, qui n’amène clairement pas à un débat positif encourageant l’ouverture d’esprit. D’abord, et donc? Qu’est-ce que vous défendez? Parlez-moi éventuellement de ce que vous faites et non de ce que vous ne faites pas et ne serez jamais. Je ne vais pas écrire un article qui expliquerait pourquoi je ne serais jamais championne de ski ou pourquoi je ne serais jamais raciste. On s’en fout. Non? Passons brièvement également sur les affirmations extraordinaires de l’auteur qui écrit (je n’invente pas) que s’abstenir de manger de la viande sous prétexte que les animaux sont traités cruellement dans les abattoirs serait comme se détourner de l’amour parce que certaines femmes sont violées…No comment.

    Ces insupportables vegans…

    Non, ce qui a réellement retenu mon attention dans cette chronique, c’est que son auteur affirme que les végétaux sont des êtres sensibles et que, je me permets de citer, “l’illusion de l’insensibilité végétale est évidemment nécessaire aux végétariens et véganiens pour garder la bonne conscience qui leur permet de se croire meilleurs que les autres humains”. C’est un peu agaçant pour un végéta*ien de s’entendre répéter qu’il se croit meilleur que les autres. Pour moi, c’est une forme d’injustice. De celles dont on se remet bien entendu, rien de très grave à cela, mais quand même, pourquoi, parce que je décide de ne plus prendre part à l’exploitation animale, serais-je une prétentieuse méprisante donneuse de leçon? Voilà pour mon ego froissé. C’est affaire de point de vue.

    Ce qui n’est pas subjectif, par contre, c’est la notion de sensibilité chez les végétaux. Ha, le fameux argument du cri de la carotte! Quel végé n’y a pas fait face? Pierre Lance cite L’intelligence des fleurs, de Maurice Maeterlinck. Il est bon, peut-être, de rappeler la différence essentielle entre intelligence et sensibilité. Oui, Maeterlinck parle dans son livre de cette intelligence qui fait que certaines fleurs sécrètent des substances pour se défendre. L’ingéniosité de la nature semble sans limite et le monde végétal, comme le monde animal, s’évertue à survivre, se reproduire, conquérir le terrain. Mais a-t-on trouvé un système nerveux chez une plante? L’ortie est-elle dotée de nerfs sensitifs? La carotte hurle-t-elle sa douleur en silence lorsqu’on l’extraie de terre? Si les plantes ont une conscience et communiquent via des messagers hormonaux, leur notion de soi et leur structure sont radicalement différentes de celles des animaux. Les plantes n’ont pas de système nerveux. Et il faut un système nerveux pour souffrir. Si vous me ramenez une cervelle de pâquerette conservée dans le formol, promis, je mange une côte de porc…

    sensibilité végétale

    Mais cette réflexion m’a menée à prendre conscience que si je suis devenue végane par éthique, je ne suis pas certaine que ce soit l’argument le plus convaincant en faveur du véganisme, ou même du végétarisme. Bien sûr, pour moi et pour énormément d’autres personnes, c’est le cheminement principal. La voie qui a initié le changement. Pourtant, je sais que certains regardent les infos à la télé en prenant leur dîner, ne s’émeuvent pas, ou peu, ou pas longtemps, des migrants qui se noient dans la Méditerranée, abandonnent leur chien sur la route des vacances, ou tout simplement (et je m’inclue ici) vivent en essayant de s’encombrer le moins possible d’ondes négatives. Nous avons tous notre quotidien, nos pollutions personnelles, les soucis à gérer et aussi les bons moments, les rires, la joie, l’amour, ce qui fait la vie. Et nous ne voyons pas tous l’animal derrière le steak. Et nous ne considérons pas tous que la vie d’une vache est aussi importante que celle d’un chien ou du chaton que nous venons d’adopter. C’est ainsi. La sensibilité au monde, à l’autre, à l’animal, est personnelle et différente pour chacun d’entre nous. L’éthique est une notion subjective, soumise à nombre d’arguments pour et contre…Ce n’est donc peut-être pas l’éthique qu’il faut sans cesse souligner.

    Parce qu’il y a un argument en faveur du végétalisme, un argument clair, qui se démontre, se prouve, et qui est totalement objectif : celui de l’environnement.

    L’élevage : un désastre environnemental.

    J’en ai déjà parlé ici et encore , et je vais encore le traiter ici, parce que je suis toujours irritée qu’on ne parle pas systématiquement de l’élevage lorsqu’on parle de l’environnement. Ce devrait être le sujet principal, pour ainsi dire.

    L’élevage est responsable de 14.5% des émissions de gaz à effet de serre. C’est plus que le secteur des transports (tous transports réunis)! Ces émissions sont dues majoritairement aux bovins, la production de lait est donc une part non négligeable de ces chiffres affolants : 290 kg d’éq. Co2 pour 1 kg de boeuf.

    C’est la première cause de déforestation en Amazonie : l’élevage bovin est responsable de 80% (!!) de la déforestation de la forêt amazonienne.

    ⇒Un végétalien émet 2.5 fois moins de GES qu’un omnivore occidental, uniquement de par son alimentation. Ecolo? Yes, vegan!

    15000 litres d’eau sont nécessaires à la production d’1 kg de boeuf. Et même s’il s’agit en grande partie d’eau de pluie, due à la surface occupée par les pâturages, la production de viande gaspille et pollue l’eau. Parlons en protéines : 4100 litres d’eau nécessaires à 1 kg de protéines issues de légumineuses contre 7300 litres pour le boeuf et 10 300 litres pour le porc! De fait, l’élevage est la source principale de pollution de l’eau : déchets animaux, antibiotiques, hormones, engrais, pesticides utilisés pour les cultures fourragères….Les nitrates, phosphore et autres nutriments sont responsables de la prolifération des algues vertes et de la dégénération des récifs coralliens, et les infiltrations des agents pathogènes issus des déjections animales polluent les nappes phréatiques et menacent les réserves d’eau potable. Les élevages bretons produisent autant d’excréments que 60 millions d’habitants! Sans parler des pluies acides dues aux émissions d’ammoniac qui perturbent la photosynthèse…

    J’ai parfois entendu : on s’occupe des animaux d’élevage mais les enfants qui meurent de faim dans le monde alors? On s’en fout? Ben non, justement. 2/3 des terres agricoles dans le monde sont consacrés à l’élevage et à la production d’aliments destinés à l’élevage. “Si les pays riches et émergents divisaient par deux leur consommation de viande, 2.2 millions d’enfants échapperaient à la malnutrition chronique.” Voilà qui me convainc, personnellement. Plus d’info sur le sujet ici.

    Nous ne pouvons plus nous permettre aujourd’hui d’être des négationnistes climatiques. La Terre s’en moque. Ce n’est pas la planète qu’il faut sauver. La planète a existé sous forme de boule de feu et de glace, et quand nous serons tous partis, elle sera encore là, quel que soit son état. C’est nous que nous devons sauver. C’est à nos enfants que nous devons penser. Imaginez la canicule de 2003 toute l’année, 365 jours par an…Et les déplacements, les milliers (millions) de réfugiés climatiques…Le manque d’eau…Personnellement, si je me mets à penser au réchauffement climatique, je suis prise d’angoisses. Je pense à mon fils. Qu’en sera-t-il lorsqu’il aura 30 ans? Aurais-je des petits-enfants? Alarmiste? Pas vraiment…en vérité, même les plus alarmistes des discours sont encore optimistes lorsqu’il s’agit d’environnement. Cette année, le jour du dépassement était le 2 août. Une élévation de 3° de la température de la Terre est un scénario catastrophe qui n’a rien de la science-fiction. Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) l’affirme : le changement climatique est global, planétaire, et est principalement dû aux émissions de gaz à effet de serre.

    A la cantine de l’école de mon loulou, les repas végétariens sont appelés “repas pour la planète”. Lucide. C’est une bonne chose de privilégier les transports en commun ou le vélo plutôt que notre voiture, de couper l’eau lorsqu’on se brosse les dents, de prendre des douches plutôt que des bains, de manger bio et local, de privilégier l’artisan plutôt que la multinationale…Ce sont des gestes essentiels et responsables. C’est une excellente chose de remplacer son steak par des légumineuses, de réduire sa consommation de viande et de produits laitiers. Jusqu’à peut-être, vous en passer totalement. Une alimentation entièrement végéta*ienne bien menée est meilleure pour votre santé, pour la planète et pour les animaux, bien sûr.

    vegan pour la planète

     

    Aujourd’hui, vous pouvez trouver toutes les informations que vous voulez sur comment végétaliser votre alimentation facilement et sans danger. N’ayez pas peur des carences, j’en parle !

    ⇒ Chez La fée Stéphanie, plein de recettes végétales délicieuses et accessibles!

    ⇒ Sur Vegan pratique, plein de conseils et fiches pratiques!

    ⇒ Sur l’association végétarienne de France, on se renseigne!

    ⇒ Sur L214, dont vous avez forcément entendu parler, on parle éthique (un peu quand même)!

    ⇒ Sur Veggie Romandie, on parcourt le sujet sous tous ses angles!

    ⇒ Sur Insolente veggie, on se marre!

    Et je vous laisse fouiller, parce qu’il y a pléthore de sites intéressants sur ce merveilleux et vaste sujet. Car s’il vous est impossible pour l’instant (et ça peut s’entendre) d’imaginer renoncer à la viande, prendre conscience de l’impact de sa production sur l’environnement, de ce que ça implique au niveau éthique et aussi au niveau de votre santé (un autre vaste sujet), c’est déjà super. Si cette prise de conscience fait que vous mangez de moins en moins souvent votre jambon et de plus en plus souvent un steak de soja et que votre famille, vos amis, vos voisins, suivent le mouvement, ça fait déjà une belle différence au niveau environnemental.

    Et si vous vous lanciez un défi? Allez, 1 semaine dans la peau d’un végétarien!


    Sources :

    https://www.notre-planete.info/actualites/actu_2202_surconsommation_viande.php

    https://www.viande.info/elevage-viande-sous-alimentation

    https://www.viande.info/elevage-viande-ressources-eau-pollution

    https://www.viande.info/elevage-viande-gaz-effet-serre#biblio

    https://www.notre-planete.info/terre/climatologie_meteo/changement-climatique-GIEC.php

    http://macop21.fr/defis/je-mange-moins-de-viande/

    Dessin : Alexys Pétard

    Photo à la une et photo enfant : Unsplash

     

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