L’éveil…

Je suis bienveillante envers moi-même, car je suis l’expression même de la vie.

Je porte les cicatrices de mes jours sombres, les blessures de mes heures douloureuses. Peau cousue de résilience, craquelée d’espoirs, bosselée d’ambitions. Les fissures de ma chair sont les marques indélébiles de mon passage ici-bas. Témoins de tous les rires que j’ai envoyés dans l’atmosphère, échos de mes joies et de mes incertitudes. De toutes les larmes qui ont coulé, rivières des attentes déçues et des nuits sans sommeil, affluents de mes colères et de mes fautes. Tous les plissements de paupières, les œillades tendres, les sourires vrais. Les sillons de mes appréhensions, de mes éclats, de mes bonheurs, de mes gourmandises, de tout l’immense amour débordant de mon cœur. Ce cœur solide toujours qui bat sous une poitrine déclassée, fière pourtant du chemin parcouru.

Terre nourricière, comme toi je me nourris et je nourris.

Je suis bienveillante envers moi-même car quel que soit le reflet que me renvoie le miroir, il ne change rien à la luminosité de l’âme. Et quelles que puissent être les bassesses et les compromissions, les faiblesses, les bévues, les écarts dont cette même âme pourrait rougir, tout ceci ne change rien à la luminosité du présent. Je suis dans cet instant où tout ce qui était et tout ce qui sera se fond dans ce qui est. C’est le pardon, les rancunes levées, les attentes abandonnées, comme des lierres grimpants enfin figés sur le mur de l’incompréhension. La douleur qui se meut.

Dans ce silence-là, au creux du souffle, je suis bienveillante envers moi-même car je comprends, fondamentalement, mes entrailles comprennent, mes mémoires enfouies comprennent, que cette bienveillance au-delà de tout jugement, est la seule voie vers la paix, mais aussi la seule voie vers ce que je suis vraiment. Et il n’y a rien que je ne désire plus que d’enfin rencontrer celle que je suis vraiment.

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