Croître…

Si je dois être tout à fait honnête, je ne suis pas quelqu’un qui réussit aisément. Que ce soit la posture du corbeau en yoga, l’affirmation de moi-même ou communiquer efficacement…Jusqu’à il n’y a pas longtemps, je naviguais entre deux ports : soit j’occultais tout à fait cette idée de devoir batailler sans cesse pour la moindre petite chose et j’étais en mode “je m’en-foutisme”, soit je me jetais à corps perdu dans cette moindre petite chose, pétrie de culpabilité et de rage d’y arriver. Parfois, on a des coups de motivation assez puissants pour se laisser porter. Ce fut le cas quand il a fallu que j’arrête de fumer parce que j’étais enceinte ou quand j’ai arrêté de manger de la viande parce que j’avais vu un documentaire persuasif.

Les choses ont changé il n’y a pas longtemps. En vérité, rien qui se voit à l’oeil nu. Tout se joue à l’intérieur, comme si ce bouleversement silencieux avait fait son chemin longtemps, longtemps avant de m’affecter. J’ai à l’esprit cette image d’une personne seule dans un long couloir sombre, qui appuie sur l’interrupteur et tout s’éclaire. On peut parler de déclic, mais la personne aura dû tatônner dans l’obscurité, sonder les murs en aveugle, apprécier l’inconnu autour d’elle (et c’est un loooong couloir) avant de trouver enfin l’interrupteur.

Alors, qu’est-ce qui a changé? J’ai lu pas mal de bouquins de développement personnel, certains m’ont aidée sur le moment, d’autres, comme “le secret” par exemple, m’ont laissé un goût amer, parce qu’au final, je cherchais tellement le moyen de ne pas penser à ce que je ne voulais surtout pas vivre, que je ne pensais qu’à ça. Pourtant, je crois à la loi d’attraction. Vraiment. Mais j’ai trouvé ailleurs comment la mettre en pratique.

Ce qui a changé, c’est que j’ai compris 4 choses essentielles. Je les ai comprises intellectuellement bien sûr, mais ça ne sert pas à grand-chose. Je les ai surtout senties dans ma chair. C’est mon corps qui a senti toute l’énergie de ces vérités.

 

Décider.

Ca peut paraître d’une simplicité effarante, mais beaucoup de gens (la plupart à un moment donné) prennent des bonnes résolutions pour les oublier rapidement. Ce n’est pas uniquement une question de volonté. C’est aussi une affaire d’habitudes. Nous sommes des animaux routiniers et même lorsque certains aspects de notre vie ne nous conviennent pas et nous font souffrir, ils sont connus, et donc rassurants. La nature humaine n’aime pas vraiment l’inconnu, et je ne parle pas ici de partir à l’aventure avec un sac à dos ou d’ouvrir ses bras à un étranger. Car même chez les personnalités les plus aventureuses et les plus confiantes, des habitudes sont ancrées. Une façon de fonctionner, des rituels journaliers etc…

On veut changer, on veut vraiment se mettre au sport, arrêter de fumer, dépasser nos pulsions de chocolat, quitter ce(tte) partenaire avec qui plus rien ne va, mais on n’y arrive pas. Parce que nos habitudes ancrées profondément, parce que notre éducation, parce que nos expériences passées, parce que notre peur de réussir. Voilà une idée qui d’abord m’a heurtée et ensuite m’a confortée. Il y a ces mots que j’ai lus au moins cent fois, à des instants différents de ma vie, avant de les intégrer dans ma chair, comme je vous disais :

“Notre plus grande crainte n’est pas d’être inadéquat. Notre plus grande crainte est d’être puissant au-delà de toute mesure. C’est notre lumière, et non notre obscurité, qui nous effraie le plus. Nous nous demandons : qui suis-je pour être intelligent, beau, talentueux, merveilleux? A vrai dire, qui sommes-nous pour ne pas l’être?” (Marianne Williamson)

Je fais typiquement partie de ces personnes que briller effraie. Et il y a la question de la légitimité, du mérite, qui longtemps a pesé et fait qu’inconsciemment, j’ai saboté pas mal d’opportunités. J’avoue que briller m’effraie encore un peu, mais j’ai pris conscience de ça, déjà c’est un grand pas, et surtout j’ai décidé de changer ça. Je n’ai pas décidé vaguement et oublié ma décision quelques secondes plus tard. Je me suis regardée en face, avec mes fautes, mes défauts et mes craintes et j’ai décidé de changer, dans la bienveillance de moi-même, et pour moi-même.

Agir.

Il y a un livre qui a enclenché des changements, j’en parlais . Le miracle morning a réussi l’exploit de me sortir du lit alors que tout le monde dort encore à la maison. Parfois, mon rituel matinal passe à la trappe, je suis loin d’être parfaitement assidue, mais je me lève quasiment tous les matins à 5h45 pour agir. Et il y a des résultats. Les résultats ne sont pas forcément quantifiables et visibles par tous, mais ils sont très concrets et changent la donne pour moi. J’ai mis en place mon petit rituel et plus le temps passe, plus je prends plaisir à le faire et je suis persuadée de ses effets positifs, notamment au niveau de ma confiance en moi et en la vie. Je me sens plus solide. D’abord, j’écris. 2 pages chaque matin, même si j’ai l’impression de n’avoir absolument rien à dire. C’est incroyable comme il suffit de commencer un mot pour finalement remplir la page sans problème. Ce que je couche sur le papier, et qui n’appartient qu’à moi, ne m’encombre plus l’esprit. Je me libère. Ensuite je respire. Il faudra vraiment que j’écrive un article sur la cohérence cardiaque car c’est pour moi une découverte fabuleuse. Une respiration qui m’apaise profondément. Et puis, je fais un peu de yoga, souvent des salutations au soleil, mais parfois des postures s’imposent, le corps réclame ce dont il a besoin. Et je médite. Pas longtemps, 10-15 minutes. Mais ça suffit à tout remettre en perspective.

Lorsqu’on prend une décision, une vraie décision, les choses se mettent en place…Le fait d’agir, même un petit pas après l’autre vous emporte dans un courant positif…

Agir

Etre dans le flow

En psychologie positive, le flow c’est l’expérience optimale. C’est lorsque vous faites quelque chose et que vous êtes totalement immergé dans cette activité. Vous êtes transcendé en quelque sorte. Je connais ça en écriture, et je le vis de plus en plus  fréquemment depuis que j’ai mis de bonnes habitudes en place. Je pense que la méditation y est pour quelque chose, parce qu’en me recentrant sur moi-même, je suis plus attentive à ce qui m’entoure et aux petits bonheurs du quotidien.

C’est le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi qui a entrepris des recherches sur le flow, parce qu’il était fasciné par les artistes à ce point plongés dans leur travail qu’ils en oubliaient toute notion du temps, de faim, de fatigue…Il distingue plusieurs composantes du flow : le contrôle, l’attention, la curiosité, l’intérêt intrinsèque. Voici ce qu’il dit :

“Voilà ce que nous entendons par expérience optimale. C’est ce que ressent le navigateur quand le vent fouette son visage. C’est le sentiment d’un parent au premier sourire de son enfant. Pareilles expériences intenses ne surviennent pas seulement lorsque les conditions externes sont favorables. […]Ces grands moments de la vie surviennent quand le corps ou l’esprit sont utilisés jusqu’à leurs limites dans un effort volontaire en vue de réaliser quelque chose de difficile et d’important. L’expérience optimale est donc quelque chose que l’on peut provoquer”( Mihaly Csikszentmihalyi)

 

flow

Accueillir ses émotions

Tout est lié. Il n’y a pas longtemps, je repoussais fermement certaines émotions trop lourdes, j’avais peur de me retrouver face à moi-même dans certains moments de solitude. Parfois, il m’arrive encore de ne pas vouloir entendre ce qu’elles me disent. J’allume alors la télé, je mange un paquet de gâteaux, je lis un magazine people, je m’enfuis comme je peux…

J’essaie d’accueillir mes émotions avec bienveillance, exactement comme j’essaie de le faire avec mon fils. De voir ce que dit la colère, de comprendre ce qui se cache derrière la tristesse ou la peur. Et de cesser les jugements. Ce n’est pas se délester de toute responsabilité que de cesser de se juger. C’est au contraire se permettre d’avancer, car les émotions sont des signaux d’alarmes et pas des condamnations. Et voilà que depuis que je permets à ma peur, à ma rancune, à ma tristesse, d’être, sans chercher à les enfouir ni à les ignorer, elles cognent moins fort. Les émotions sont mes amies, et je choisis de les accueillir car elles ont une raison d’être, et  de faire preuve de bienveillance envers moi-même.



Bien sûr, j’accoste encore fréquemment au port de la culpabilité et à celui de l’anesthésie. Je n’ai que la certitude d’être au début du chemin. Mais je le trouve passionnant et j’ai (enfin!) découvert un nouveau port, ensoleillé, plein de promesses, celui de l’amour de soi.


Photos : Alexys PETARD

 

 

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