J’écris…

J’écris. Bien que je ne sache ni comment vraiment, ni pourquoi.

J’écris obstinément.

Sous le soleil ardent, quand la peau brûle.

Sous la lumière blafarde des néons du bureau où j’égrène trop d’heures.

Au crépuscule, lorsque les doutes se figent à l’heure du repos.

Dans l’obscurité des insomnies, quand les peurs se ravivent, que les élans s’élaborent.

J’écris même, et surtout, quand je ne manie pas de plume. Ce sont les voix dissonantes qui imposent la mesure. Tempo entêtant de la vie qui continue sa course effrénée. Spécialement lorsqu’on a l’illusion de stagner, statue de sel qui s’effrite au vent de nos regrets. Mais des remords, jamais.

Pour qui donc écrire? Quels sont les espoirs tapis dans les mots, dans l’allure? J’écris depuis toujours, c’est la seule chose que je fais sans but ni dessein. Ecrire pour écrire, voilà qui ressemble à une vérité. Pas la réalité, non, car celle-ci n’est souvent qu’une illusion au sourire trop confiant. Un visage un peu fou, avec une bouche qui s’étire à s’en voiler la face, voilà tout ce qu’elle est.

Je ne sais pas si l’écriture peut me définir plus qu’autre chose. Que les drames et les rires. Que les joies indicibles et les violents ennuis. Je n’ai pas changé absolument. J’ai opté pour le changement, et bien qu’occupée tout entière à ce profond bouleversement, je suis restée la même. Ou plutôt, je suis redevenue celle qui dormait en moi et que j’étais toujours. Je ne suis plus si loin de la quarantaine, et pourtant, le miroir où mon âme se complaît me renvoie le reflet d’une adolescente qui, me semble-t-il, ne vieillira pas.

Néanmoins, Jean d’Ormesson est mort aujourd’hui.

 

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