Ravages

De quelque bord que soit la haine, elle est toujours glaçante.

Et toujours, elle s’infiltre, tel un monstre rampant,

Gerbe son venin au sein de votre être, et ce faisant,

Instille et les doutes et l’effroi que la douleur enfante.

J’avais déjà écrit, il me semble, sur l’anguleux reptile,

Et ressenti les lames tranchantes de ses maux,

Sur mes espoirs brûlants, fantasmes viscéraux,

D’un monde plus enclin aux douceurs subtiles.

Mais j’entends les rumeurs de bombes et de tirs,

De décapitations et d’enfants qu’on abat,

Et quel que soit l’extrême, c’est toujours le pire

Que nous offre l’écran, seul prophète ici-bas.

Je vomis les manifestes et tous ceux qui s’assoient

Sur leur indignation dépendante des courants…

Quelle idole demande en offrande tant de sang,

Si ce n’est l’argent-Dieu et sa puissante voix?

Migrants, immigrés, enfants du soleil, enfants de salauds,

Voyageurs perdus, éperdus des mirages, blonds, noirs,

D’un côté de l’extrême à l’autre, désirs saignants et chauds,

Tous les Hommes, les enracinés, les sages et les barbares…

Ne sommes-nous tous unis que dans le désespoir?

16 mars 2019, 24 heures après l’attentat de Christchurch, Nouvelle-Zélande. 

 

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