Estampillé veggie…

Pour ce défi d’écriture du café des blogueuses, dont le sujet est le véganisme, je me suis demandée de quoi j’avais envie de parler…Un avis sur un produit cosmétique vegan? Une recette peut-être? Et puis, je suis tombée par hasard sur un article au titre évocateur : “véganisme, attention aux dangers pour les enfants”. Je vous avoue, quand je lis des choses pareilles, mon sang de maman ne fait qu’un tour. Et donc, forcément, je me suis dit que ce serait là mon sujet. Oui, on peut être un enfant vegan en parfaite santé.

Pour être tout à fait honnête, mon fils n’est pas entièrement végétalien. Il l’est à, disons, 90%. De temps en temps, il mange un oeuf, peut-être un yaourt au lait de vache ou un bout de fromage quand il déjeune à la cantine (et c’est pas souvent). Personnellement, je n’achète ni oeuf ni produit laitier, et s’il renonçait totalement à son omelette bi-mensuelle demain, j’en serais plutôt ravie. Je n’aurais aucune inquiétude à le voir devenir 100% végétalien.

J’ai lu qu’un régime vegan imposé à son enfant s’apparente à de la maltraitance. Croyez-moi, je suis loin d’être une hippie illuminée qui fait boire du jus d’ortie à son bébé pour le purifier ou je ne sais quelle autre absurdité qu’on peut entendre lorsqu’on est un parent vegan. Si je suis devenue végane par éthique, je ne l’ai pas fait aveuglément et en ce qui concerne la santé de mon fils, je me suis penchée, re-penchée et re-re-penchée sur la question.  Je ne vais pas parler ici de nourrisson, car je n’ai jamais eu recours au lait infantile, mais je sais qu’il y en a qui sont entièrement végétaliens. (Il est évident que le lait de soja ou autre lait végétal en brique acheté dans le commerce ne convient pas aux tout-petits et ne peut pas remplacer le lait maternisé).

Petite, j’ai mangé de tout. Je ne suis pas née végane. Et c’est le cas pour la très grande majorité d’entre nous. Il est donc normal, et nécessaire, de se poser des questions. Revenons sur les grandes idées reçues à propos du véganisme.

 

Idée reçue n°1 : la carence en protéines.

Ha! Le doux mythe des protéines! J’en avais déjà parlé , notre besoin en protéines est largement sur-estimé (merci l’industrie agro-alimentaire). 0.8g/kg/jour de protéines suffisent à un adulte (non-sportif ou sportif occasionnel). Le Français moyen est actuellement à 1.4g/kg/jour. Un enfant de + de 2 ans a un besoin en protéines de 0.9g/kg/jour, 1g/kg/jour pour les enfants en bas-âge. Ces références sont établies par l’OMS qui affirme, rappelons-le, qu’un régime végétalien convient à tous les âges de la vie, y compris l’enfance, la grossesse et l’allaitement.

Prenons conscience d’une chose : il est impossible de ne pas couvrir ses besoins quotidiens en protéines si les besoins caloriques sont satisfaits. Autrement dit, si vous n’êtes pas en sous-nutrition, vous ne serez pas carencé en protéines. Les végétaux contiennent tous les acides aminés essentiels, seule la proportion diffère.

Aliments riches en protéines :

Les aliments les plus riches en protéines sont les légumineuses et les oléagineux : arachides, soja, tempeh, pois chiches, haricots blancs, haricots rouges, pois cassés, lentilles vertes et lentilles corail, graines de courges, amandes, noix de cajou, graines de chia, noix et noisettes…

On trouve aussi des protéines dans les céréales (seitan, pâtes, pain, quinoa, riz, semoule, boulghour…), les légumes (ail, betterave, avocat, choux-fleurs, artichaud…), les fruits (figue, kiwi, banane…)…

Idée reçue n°2 : la carence en calcium.

Les produits laitiers ne sont pas nos amis pour la vie, et en manger trois par jour est plus néfaste que bénéfique à votre santé. Nous sommes des consommateurs et les industriels nous agitent leurs recommandations sous le nez, en nous prenant par les sentiments : si vous voulez que vos enfants grandissent bien, donnez-leur des yaourts, sinon attention aux conséquences. C’est faux, bien sûr. Le lobby du lait est puissant en France, sa stratégie de communication extrêmement efficace, mais sachez que ces géants financent largement les études et la recherche publique. Toutes les études indépendantes remettent en cause la nécessité des produits laitiers, mais elles sont systématiquement contrées par des scientifiques grassement payés à nous faire croire que sans lait pas de calcium, ou que le soja favorise les cancers hormonaux. Le lait animal n’a pas de propriété particulièrement nécessaire à la croissance de nos bambins. J’en parlais ici, nous ne sommes pas des veaux. Les populations d’Asie et d’Afrique n’ont jamais utilisé de lait de vache, ou jusqu’à très récemment. L’élevage n’existe que depuis vingt mille ans. Avant ça, pas de lait.  Question : et la vache, elle le tire d’où son calcium? Dans l’herbe!

Le calcium des produits laitiers est deux fois moins bien assimilé par l’organisme que le calcium végétal. Le calcium laitier est assimilé à 32%, celui du chou, par exemple, à 65%. De plus, les vaches laitières sont constamment piquées aux hormones, et comme elles passent leur vie à procréer, elles sont toujours pleines d’oestrogènes, ce qui favorise les cancers hormonodépendants (ce qui n’est pas le cas du soja). Selon l’OMS, environ 75% de la population mondiale serait intolérante au lait à l’âge adulte, et c’est bien normal : nous ne sommes tout simplement pas faits pour assimiler le lactose toute notre vie. Walter Willet, expert mondial de la nutrition, et des chercheurs  de Harvard ont récemment établi une relation entre la consommation de lait à l’adolescence et le risque de fracture osseuse  bien plus tard. On parle souvent de prévention de l’ostéoporose par la consommation de produit laitier. En fait, c’est tout le contraire. Le lait est un aliment acidifiant et favorise l’ostéoporose, c’est désormais prouvé.

Où trouver du calcium?

Dans certaines eaux minérales, dans les légumes à feuilles vertes (chou, brocolis, persil, cresson, chou kale…), dans les fruits secs (dattes, figues, noix, amandes, noix du Brésil), dans les graines (sésame surtout), dans les légumineuses (soja, pois chiches, haricots rouges, lentilles).

On peut aussi choisir des laits végétaux enrichis en calcium, c’est ce que boit mon loulou.

 

Idée reçue n°3 : la carence en fer.

Les carences en fer sont très répandues, mais les vegans ne sont pas plus carencés que les autres. La richesse de l’alimentation végétale est trop souvent sous-estimée. Celle-ci permet d’apporter tout le fer dont les enfants ont besoin. Il est vrai que la viande contient du fer héminique pour 60%, qui est mieux absorbé par l’organisme que le fer non-héminique des végétaux. La vitamine C favorisant l’absorption du fer, il est donc important de manger beaucoup de légumes et fruits crus. La fermentation peut doubler la bio-disponibilité du fer. A la maison, on est fans des jus de légumes lacto-fermentés, de tofu fermenté, de choucroute…

Les sources de fer :

L’algue Dulse (qui en contient 18 fois plus que le boeuf!), la spiruline, l’ortie, les graines de sésame et de citrouille et le persil sont les premières sources végétales de fer. On en trouve aussi dans le chocolat noir (ouais!), le quinoa, les céréales complètes, les graines de tournesol, le millet, les légumes à feuilles vertes, les fruits secs…

Idée reçue n°4 : l’enfant qui “subit”…

J’ai souvent essuyé ce genre de remarques désagréables : “oui, mais tu imposes ton régime alimentaire à ton enfant”, accompagné d’un regard terriblement désapprobateur, un peu comme si j’étais au régime et que, du coup, je ne nourrissais mon fils que de brocolis. Evidemment que j’impose mon mode de vie à mon fils : il a 5 ans! Mais comme tous les parents…ceux qui aiment la viande cuisinent des steaks à leurs enfants, d’autres s’abstiennent de manger du porc de par leur religion, d’autres encore détestent les champignons et de ce fait, n’en préparent jamais.

Le véganisme, le mien du moins et celui de la grande majorité des vegans, n’est pas une lubie, un caprice ou une folie. C’est un mode de vie réfléchi, engagé, fruit d’une réflexion poussée. En ce qui me concerne, je le considère comme une profession de foi, et s’il ne peut pas entièrement me définir, mon véganisme représente une part de moi très importante et influence nombre de mes choix (du panier de courses à la politique). Il est indissociable de ce que je suis. Je pense que c’est pour cette raison que les vegans sont parfois perçus comme incisifs, fermés ou intolérants. Parce que ce n’est pas un sujet anodin. Parce que, comme la religion ou la politique, c’est viscéral.

Pour en revenir à mon fils, il n’a jamais mangé de viande de toute sa vie, et c’est quelque chose dont je suis fière. Et soulagée. S’il lui prend l’envie d’en manger un jour, soit, mais pour l’instant, c’est moi qui prépare ses repas. Il sait pourquoi nous ne mangeons pas d’animaux et comme il est maintenant assez grand pour donner son avis, je suis heureuse de savoir qu’il partage nos convictions. Les gens pensent parfois qu’une assiette sans produit animal est forcément fade. Un jour, on m’a dit que c’était “triste”. C’est oublier que le monde végétal est infiniment plus vaste, gouteux et coloré que les quelques êtres vivants que l’homme consomme. C’est très gai, au contraire! Croyez-moi, mon fils mange aussi des hamburgers, des bonbons, des plats en sauce et des gâteaux…vegans! Et lorsqu’il réclame un jus de betterave au goûter et qu’il dévore un poireau-vinaigrette avec un plaisir non dissimulé, je suis vraiment contente de constater qu’il aime ce qui est bon pour son corps (ça et le chocolat bien sûr…les lions ne font pas des chats!).

Quid de la B12 et des Omega 3?

Les végétaux ne contiennent pas, ou quasiment pas, de vitamine B12. Celle-ci est essentielle au fonctionnement du cerveau, du système nerveux et dans la formation du sang. Il est donc indispensable pour les végétaliens de se supplémenter. C’est la principale précaution à prendre lorsqu’on est vegan. Les algues, dont la spiruline, ne contiennent que des analogues de la vitamine B12 et n’ont pas les mêmes propriétés.

La vitamine B12 est présente dans les sols et les animaux, synthétisée par les bactéries de la flore intestinale. Aujourd’hui, parce que les sols se sont appauvris, l’alimentation des animaux élevés pour la viande est enrichie en B12.

La manière la plus simple est de se supplémenter chaque jour. A la maison, mon loulou prend 1/2 comprimé de VEG1 chaque jour. Et tout va bien!

Les Omega 3 sont des acides gras essentiels que l’organisme ne peut pas fabriquer lui-même. Ils doivent donc être apportés par l’alimentation. Il y a deux types d’Omega 3 : l’ALA, à chaine courte, et les EPA et DHA à chaine longue. Les graines et les huiles de lin, de colza, de germe de blé, de soja contiennent des omega 3 ALA. L’organisme est capable de synthétiser EPA et DHA à partir de l’ALA. Mais les besoins sont accrus durant l’enfance, la grossesse et l’allaitement, et il peut etre bénéfique de se supplémenter. Dans l’alimentation omnivore, on les trouve dans les poissons, les crustacés et les coquillages. Il existe des compléments vegans à base de microalgues, qui ont l’avantage, en outre, d’être exempt de métaux lourds qu’on trouve dans le poisson. Mon loulou en prend environ trois fois par semaine, par simple précaution.


 

Mon fils a une croissance tout à fait normale.  Je suis végane en premier lieu par éthique, parce que ma survie ne nécessite pas la mort d’autrui et que mes réflexions m’ont conduite à devenir anti-spéciste. Parce que je ne supporte pas la violence, toute forme de violence, je ne veux faire partie ni des oppresseurs (même si, par défaut, je le suis) ni des opprimés. Végane pour les animaux, mais aussi pour la planète. Nous ne pouvons tout simplement pas continuer à consommer comme nous le faisons, et être vegan s’inscrit dans une démarche de respect de la vie, de l’environnement, pour nos enfants. Le véganisme est pour moi une valeur fondamentale, et en tant que mère, je souhaite la transmettre à mon fils et j’espère qu’il suivra ce chemin toute sa vie.

Non, ceci n’est pas une forme de maltraitance. C’est une déclaration d’amour.

 


 

Sur le groupe Facebook du Café des Blogueuses, j’ai découvert des blogs vraiment sympas (et des filles derrière ces blogs tout aussi sympas). Dont :

Yael Assia : les mots de Yael ne m’ennuient jamais et me laissent jamais indifférente. Ca vaut vraiment le coup de la lire, on apprend des choses, on est bouleversé parfois, on se laisse emporter par la finesse de la plume…

Les jolies Tulipes : le blog de Tiphaine est axé végé, beauté et lifetsyle et c’est vraiment agréable de s’y ballader. On parle sport, recettes végétales, bien-être, foncez!

The Wild Beauty: Héloise est maman, végétalienne et fan de make-up. Elle écrit des articles positifs et inspirants, qui donnent envie de jeter les soutifs (mes nénés te remercient Héloise 😉 ) et les shampooings du commerce!


Sources :

http://www.veganisme.fr/index.html

https://vegan-pratique.fr/

http://www.vegetarisme.fr/

http://www.societevegane.fr/

“Et si on arrêtait d’empoisonner nos enfants?”, Erwann Menthéour, Editions Solar


 

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