J’ai lu “Et si on arrêtait d’empoisonner nos enfants?”

 

Il y a un peu plus d’un mois, je suis tombée sur le livre d’Erwann Menthéour, “Et si on arrêtait d’empoisonner nos enfants?”. J’avais vu une interview à la télévision qui m’avait interpellée, où il parlait des méfaits du lait de vache, donc je n’ai pas hésité. Dans son bouquin, l’auteur aborde l’alimentation de nos bambins essentiellement, mais aussi des points d’éducation, de pollution environnementale et d’éthique. Je l’ai lu assez rapidement, et sans surprise, je suis d’accord avec lui sur bien des choses.

Qui est Erwann Menthéour?

Erwann Menthéour est d’abord un sportif professionnel, ancien cycliste plusieurs fois champion de France, qui a dénoncé les effets du dopage. Au début des années 2000, alors que sa femme est gravement malade, il se confronte aux limites de la médecine allopathique, se tourne alors vers la naturopathie et mesure toute l’importance de l’alimentation. Il devient ensuite coach sportif, puis créé FITNEXT, une méthode bien-être s’appuyant sur un rééquilibrage alimentaire et l’activité physique.

Aujourd’hui, il se définit aussi comme un lanceur d’alerte, son message va bien au-delà du simple bien-être, celui-ci étant englobé dans un tout incluant environnement, politique, économie, responsabilité personnelle, éducation.

Les enfants sont l’avenir…

C’est un livre pour les enfants, destiné aux parents. Erwann Menthéour met dès le début un point d’honneur à nous faire comprendre à quel point notre environnement immédiat est de plus en plus toxique. Il ne s’agit pas de culpabilisation, mais bien de mise en lumière de la situation, afin d’en prendre la responsabilité et aller dans le sens d’une amélioration. Car situation urgente ne signifie pas fatalisme. Et responsabilité ne signifie pas culpabilité. Erwann Menthéour nous invite donc, dans un premier temps, à réaliser que nous sommes véritablement acteurs de notre santé et de celle de nos enfants.

Pour étayer ses propos, il avance des chiffres effrayants : 100 000 enfants qui meurent chaque année en Europe de maladies causées par l’environnement, 42 millions d’enfants obèses dans le monde, une augmentation significative des cancers infantiles…

Rien n’est immuable, et nous pouvons dès à présent changer nos habitudes, et inculquer à nos enfants, le plus tôt possible, les bases d’une saine prise en charge de leur santé, et par extension de leur environnement. Cela passe inévitablement par une éducation à plusieurs facettes : nutritionnelle, sportive, culturelle, humaniste aussi. “Il s’agirait de développer chez eux la conscience et non l’inconscience, la patience et non la course”.  Je suis aussi convaincue qu’un changement est nécessaire, impératif, qu’il est urgent de faire bouger les lignes et les consciences, et je crois, comme Erwann Menthéour et comme d’autres, qu’il est primordial d’apprendre à nos enfants l’ouverture au bonheur, le respect, la bienveillance, la tolérance. Je me fiche que mon fils soit le meilleur, mais j’espère de tout mon coeur qu’il soit heureux et épanoui.

Monsanto &Cie…

Les géants de l’agro-alimentaires sont criminels : destruction d’environ 70% de la biodiversité, disparition massive de agriculteurs (3 agriculteurs sur 4), et des légumes qui deviennent antibio-résistants (avec des conséquences importantes sur des organismes en pleine construction comme ceux de nos loulous). Erwann Menthéour rappelle, et je trouve ça vraiment parlant, que Bayer produisait le zyklon B, ce gaz meurtrier utilisé dans les chambres à gaz pendant la seconde guerre mondiale, et que Monsanto a fabriqué l’agent orange, employé au Vietnam comme arme de destruction massive. Ces deux produits ont été recyclés en pesticides pour l’agriculture industrielle. Je ne sais pas vous, mais moi ça me donne des frissons d’horreur. Que dire du glyphosate, classé probablement cancérigène par l’OMS? Monsanto s’en lave les mains, bien entendu…

 

Pourquoi nos politiques permettent-ils une telle pollution de nos terres, un tel appauvrissement et une telle toxicité de notre alimentation , aux dépends  de notre santé et des agriculteurs? Parce que l’argent est roi et que les lobbies sont ultra-puissants. Erwann Menthéour nous donne un exemple flagrant des conflits d’intérêts existants (et qui, en ce qui me concerne, invalident toutes les “études” qui ne sont pas indépendantes) : lorsqu’elle était ministre de l’agriculture, Christine Lagarde a fait voter une loi autorisant 0.9% d’OGM dans les produits bio de norme AB, et ce sans étiquetage informatif pour le consommateur. La même Christine Lagarde, qui était avocate chez Baker & McKenzie, cabinet qui compte parmi ses clients Monsanto. Inutile d’en dire plus…

Produits transformés aux prix compétitifs, rapides à préparer, au marketing super efficace, ultra-sucrés, tout comme les coca-cola et autres sodas, dont une seule canette contient presque le double de la ration quotidienne de sucre recommandée par l’OMS….Toute cette alimentation dénaturée et polluée est une cause de l’augmentation des cancers (dont près de 40% sont dûs à ce que nous ingérons) et des maladies inflammatoires.

Sucre, lait, gluten : nos drogues quotidiennes.

J’adore le sucre. C’est un vrai problème pour moi, car j’y suis accro. Je peux m’en passer un temps, et puis vient un moment où j’en ressens le besoin, et où ce besoin, s’il n’est pas comblé, entraîne nervosité, agacement, fatigue, coups de blues. Donner des bonbons et autres “douceurs” à nos loulous est une bien mauvaise idée, car le sucre, en plus d’être addictif, est véritalement nocif. Notre corps n’est pas conçu pour absorber du sucre raffiné. Diabète, maladies auto-immunes, obésité, cancers…le sucre est un poison, qui active des circuits de récompense dans le cerveau, ce qui en fait un poison hautement addictif. Remplaçons les barres de céréales et de chocolat par des fruits, du chocolat noir, des fruits secs, les sodas et sirops par de l’eau et des jus de fruits frais…

Ballonnements, fatigue, maux de tête, urticaire, eczéma : voilà des symptômes courants d’une sensibilité au gluten, une autre drogue alimentaire nocive. Les peptides de protéines que contient le gluten ont le même effet opiacé que les endorphines. On se sent bien…Mais le gluten affaiblit notre microbiote, notre flore intestinale, qui joue un rôle clé dans notre immunité et notre équilibre, tant physique que psychique. On trouve du gluten presque partout, des pâtes aux légumes en flocons, en passant par les sorbets et les baumes à lèvres…Le gluten a un effet colle très apprécié des industriels agro-alimentaires, mais c’est aussi un exhausteur de goût et un stabilisant. Et, faut-il le préciser, nous n’en avons absolument pas besoin. Le blé a subi tellement de modifications génétiques ces 50 dernières années qu’il n’a plus grand-chose à voir avec celui que cultivaient nos ancêtres. Riz, sarrasin, quinoa, amarante…il y a d’autres alternatives au blé.

Quant au lait…j’avais déjà traité ce sujet dans cet article, c’est faux de penser qu’il est essentiel, même pour nos enfants. Il n’y a pas d’étude scientifique qui établisse que les produits laitiers sont nécessaires à la croissance et à la solidité des os. Je parle bien entendu des enfants, et non des bébés et des tout-petits qui ont besoin de lait maternel, ou maternisé. Le calcium du lait animal est deux fois moins bien assimilé par l’organisme que le calcium végétal, les vaches sont nourries aux pesticides et aux OGM, sans oublier les antibiotiques et hormones qu’on leur administre à longueur de temps. Les intolérances au lactose sont fréquentes elles aussi et entrainent maux de ventre, diarrhées, troubles articulaires, acné, troubles orl…

No meat!

Evidemment, ça me fait plaisir de voir que des livres destinés aux parents, à tous les parents, conseillent de limiter, voire d’arrêter les produits laitiers et la viande. Erwann Menthéour écrit une phrase clé, à mon sens : “La viande ne rend ni plus fort ni plus grand, au contraire. Elle tend à affaiblir notre organisme et celui de nos enfants”. En tant que mère végétalienne avec un enfant né veggie, j’ai le smile quand je lis ça, même si c’est prêcher une convaincue, car je me dis que le message fait son chemin.  Notre système digestif n’est pas conçu pour digérer la viande. Nos intestins sont beaucoup plus longs que ceux d’un carnivore, et notre estomac moins acide. Résultat : toute la viande n’atteint pas “la sortie” et une partie stagne et fermente dans notre ventre. Miam…Cette décomposition de protéines produit de l’acide urique que le foie et les reins vont avoir du mal à éliminer (car il nous manque l’urase, une enzyme que les carnivores ont). Résultats : digestion difficile, fatigue, constipation, problèmes rénaux, acidification de l’organisme. Un Français mange en moyenne 67 kilos de viande par an, deux fois plus que nos grands-parents. La surconsommation de viande entraîne des maladies cardio-vasculaires et favorise le cancer colorectal et le diabète. Nous ne sommes pas des carnivores : nos intestins sont trop longs, nous ne produisons pas l’enzyme nécessaire à l’élimination de l’acide urique, nos dents ne sont pas conçues pour découper la viande. C’est établi aujourd’hui : toutes causes confondues, le taux de mortalité est diminué de 15% chez les végétaliens et 9% chez les végétariens. Consommer de la viande est aussi un désastre environnemental. L’élevage des bovins est responsable de 14% des émissions de gaz à effet de serre, 1 seul kilo de boeuf nécessite 15500 litres d’eau, 5000 litres pour le cochon, 4000pour la volaille.

 

 

J’en parlais récemment , un enfant peut très bien être végétarien, et même végétalien, et être en pleine forme, sans carence, avec une croissance normale. Le mythe des protéines est, comme celui du calcium dans les produits laitiers, bien ancré et il peut être difficile de désapprendre ce qu’on a appris. Mais le végétarisme (et plus globalement, le véganisme) est une philosophie qui appelle au respect du vivant, de nous-mêmes, de toutes les formes de vie et de notre planète. Et on peut être sportif, et même de haut niveau, sans avaler un seul morceau de steak!

Ennemis silencieux et invisibles…

Impossible d’échapper aux perturbateurs endocriniens…Ils sont partout : tissus, revêtements anti-adhédsifs, produits d’entretien, meubles,  produits cosmétiques, pesticides, champs électromagnétiques, wifi, moules en silicone, shampooings anti-puces, eau du robinet…partout. De quoi s’arracher les cheveux! C’est cette chronicité qui est vraiment toxique. Chaque jour à petites doses…Et les enfants sont les premières victimes. Eviter de dormir avec le wifi, de réchauffer des plats en plastique dans le micro-ondes, d’utiliser des insecticides au moindre inconfort, de javeliser toute la maison…on peut mettre en place des gestes quotidiens qui changent la donne, fort heureusement. Et bien sûr, consommer bio, et éviter autant que faire se peut les conservateurs et les additifs, en fait partie. En fait, lorsqu’on se penche un peu sur le sujet, on n’a plus du tout envie d’acheter des oreo à son fils pour le goûter… La liste complète des additifs est effrayante. Retenons simplement qu’il vaut mieux éviter tous les E suivis de chiffres.

Préférer la qualité à la quantité, privilégier les circuits courts, les petits producteurs, l’Amap du quartier, apprendre à lire les étiquettes, et apprendre à nos enfants à le faire, prendre conscience de notre responsabilité face au monde dans lequel nous vivons, face à notre santé et à celle de nos enfants…Je crois profondément que c’est par la consommation responsable que l’on fait bouger les choses, que voter avec son portefeuille est bien plus efficace qu’un bulletin dans une urne, et que plus nous serons nombreux à consommer de façon plus éthique et plus saine, plus il sera facile de le faire, car l’offre s’élargira.

De l’importance de bouger…

Pratiquer une activité sportive ne présente que des bénéfices. Nos enfants doivent bouger. Depuis quelques temps, je motive mon fils à venir trottiner avec moi le samedi matin. C’est pas toujours évident : parfois, il préférerait se poser devant son dessin animé préféré. J’avoue que, si je n’use pas du bâton, j’agite parfois la carotte. Pas de chantage bien sûr, mais une petite récompense. J’aimerais vraiment qu’il prenne goût au sport. Celui-ci favorise un bon développement de l’appareil moteur et cardio-vasculaire, augmente l’espérance de vie, prévient des maladies et du surpoids, consolide le squelette, soutient les émonctoires (ces nettoyeurs du corps : foie, reins, poumons, peau, intestins), et contribue à l’équilibre psycho-émotionnel. Et il y a d’autres avantages encore qu’Erwann Menthéour nous expose.

En résumé

“Et si on arrêtait d’empoisonner nos enfants” est un livre que je vous conseille. Il est clair et très facile à lire. Il n’est pas moralisateur ni culpabilisant, mais il appuie là où ça fait un peu mal, d’une façon qui nous donne envie de changer nos mauvaises habitudes. Il étaye avec des études et des chiffres qui font frémir, mais ce sont des réalités auxquelles il nous faut faire face si l’on veut améliorer les choses. Le livre est plein de conseils pratiques et à la fin de chaque chapitre, un psychiatre spécialisé en thérapie familiale, Bernard Geberowicz, donne des pistes et des méthodes pour le quotidien.

Erwann Menthéour ne se pose pas en donneur de leçons, il avoue lui-même quelques faiblesses, comme nous tous. Simplement, il alerte sur des sujets sensibles et fondamentaux, pour que nos enfants puissent grandir et vivre en meilleure santé possible, dans un monde qui se doit d’évoluer positivement, nous n’avons plus le choix.

Il nous invite à faire chacun notre part, pour nos enfants.

 


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