Je suis une femme…

 

Lorsque ses yeux rient, que sa bouche me plaît, que ses faiblesses se dévoilent,

je suis une femme.

Lorsque ses mains s’avancent, que ses bras m’étreignent, que son souffle tiède caresse ma nuque,

je suis une femme.

Lorsque ses mots se gravent, les beaux comme les durs, dans ma mémoire capricieuse,

je suis une femme.

Je suis une femme aussi lorsqu’il s’en va. Lorsque la solitude s’installe et prend ses aises. Lorsque de lui, il me reste un vague souvenir. Qui était-il déjà ? Quelle ombre, à quelle époque ? Quelle bravade à quelle mascarade ?

Je suis une femme dans la lourdeur du silence, dans l’agitation de la nuit, dans la douleur des soubresauts pathétiques.

Je suis une femme lorsque je dois marcher, suivre la voie tracée. Lorsque j’emprunte cette route, que je ne me laisse pas le choix, que je courbe l’échine,

je suis une femme.

Toujours, je suis une femme lorsque je prends les rênes, lorsque je me redresse et que ni l’ombre ni la lumière ne m’effraient plus, lorsque que je bifurque sur le sentier incertain, déconcertant.

Quand la déroute guide mes pas,

je suis une femme.

Je suis une femme lorsque l’espoir enchante le quotidien, lorsque la danse survient, et que mon visage et tout mon corps sourient.

Dans la moiteur des prières murmurées, les intimes, les sibyllines,

je suis une femme.

Lorsque je me relève après être tombée, époussetant les doutes et asséchant les larmes, dans la résilience,

je suis une femme.

Lorsque je porte la vie, je suis une femme. Lorsque je donne le sein, que je donne le bain, que je donne le pain, je suis une femme. Lorsque mon cœur se gonfle d’un amour extraordinaire d’aimer autant l’enfant, lorsque je suis une mère, je suis une femme.

Lorsque les cicatrices, lorsque les rides, lorsque les brèches et les empreintes, lorsque le temps marque et alourdit, dans ma chair, je suis une femme. Lorsque les rires et les éclats, lorsque les larmes et les émois, lorsque les accalmies et les agitations, je suis une femme.

Face à l’amour, au plaisir, à la séduction, la fascination, la magie et le charme, je suis une femme. Devant la colère, le mépris, le dédain, les présomptions, les injustices, les injonctions, je reste une femme. Face à l’admiration, aux mirages, à l’acceptation, à l’élégance, à la grâce, à la joie,

je suis une femme.

Et devant le sexisme, les abus, les dommages, les intérêts, la malveillance, la persécution, je reste une femme.

Multitâches, multipare, métisse, multilingue,

je suis une femme.

Célibataire, carriériste, espiègle, agnostique, je suis une femme. En boubou, en costume, robe fleurie ou motarde, je suis une femme. Sous un voile, nue sous le soleil, politique, utopiste, je suis une femme.

Debout devant l’horizon, à genoux dans l’espérance, lorsque le désir s’empare de mon être et qu’il ne reste rien que je ne puisse entreprendre, quand l’ambition est mon soleil et que le rêve devient réalité, j’inspire…Forte et fragile, courageuse et lâche, cruelle et bienveillante. Comme l’homme, mon parallèle, mon égal.

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