La méditation : un acte d’amour

La méditation, on en parle partout, on peut lire pléthore de livres et d’articles sur le sujet. Le monde va tellement vite, les gens sont stressés, pressés, pris dans le tourbillon de leurs tâches quotidiennes et incessantes! Chacun cherche à concilier famille, boulot, loisirs, tout en contrôlant le temps et en restant connectés 7j/7, et dans notre quête de l’équilibre, la méditation semble être le chemin.

C’est dans cet état d’esprit que j’y suis venue : pleine d’attentes. La méditation allait me sauver de mon stress, calmer mes pulsions sucrées, m’apprendre à garder mon sang-froid, me permettre de prendre du recul dans les transports en commun aux heures de pointe (mon spectre infernal!) Je lui ai tourné autour, cherchant à l’apprivoiser, m’appliquant à ressentir ce que je pensais devoir ressentir pour aller mieux et être une meilleure version de moi-même. Et bien sûr, je n’y parvenais pas. C’est comme hurler à quelqu’un de rester calme : ça ne marche pas.

C’est parce que je n’avais pas bien compris, non pas le but, mais l’essence de la méditation.

 

Douceur et bienveillance…

C’est en lisant Jon Kabat-Zinn que je me suis lentement imprégnée de cette essence. Pour ce docteur en biologie moléculaire, qui a fondé la clinique de réduction du stress à l’Université du Massachussets, la méditation est un acte d’amour radical. “Car c’est un acte d’amour que de s’arrêter simplement et de se livrer à son expérience, c’est-à-dire l’étreindre en conscience telle qu’elle est à tout moment, sans chercher à produire quoi que ce soit d’autre, quoi que ce soit de nouveau, de spécial, d’important, d’agréable, pour pouvoir se sentir satisfait, complet ou entier” (Méditer, Jon Kabat-Zinn) Voilà des mots qui m’ont fait un bien fou lorsque je les ai lus. J’ai compris que j’abordais la méditation sans bienveillance envers moi-même et envers ce que je vivais, dans le jugement et le contrôle de ce que j’étais. Alors que c’est tout l’inverse. La méditation est un moment que l’on prend pour soi, non pas dans le but de vivre ou devenir autre chose, mais pour observer ce qui est, comme un voyage intérieur qui nous re-connecte à ce que nous avons de meilleur en nous. Sans jugement. Dans la douceur et la bienveillance.

 

Pratique de la pleine conscience.

La pleine conscience (mindfulness) est une pratique méditative qui invite à accueillir tout ce qui vient à la conscience, les pensées, les émotions, les sensations physiques, sans rejet ni attachement. Simplement observer. Avec ouverture et tolérance.

Chaque jour, à chaque instant, nous sommes conscients et nous considérons cette conscience pour acquise, sans chercher à l’exploiter et à la développer. Pourtant, comme l’écrit Jon Kabbat-Zinn “c’est en elle que reposent en réalité notre liberté et notre bien-être”.

L’éveil des sens, de nos 5 sens physiques mais aussi de nos perceptions spirituelles, nous découvre le miracle que nous sommes : cette machine merveilleuse qu’est le corps et la dimension extraordinaire de notre mental.

Pour méditer en pleine conscience, il suffit de focaliser son attention sur votre respiration, sur vos sensations physiques, sur un objet choisi ou encore sur une activité précise (c’est le cas en marche méditative). Oter les filtres, abandonner tout jugement, se libérer des carcans et des contours. Juste porter une attention pleine et entière sur quelque chose. Et lorsqu’inévitablement, vos pensées s’emballent, le noter et recentrer votre conscience.

Personnellement, je me suis surprise à m’émerveiller à nouveau (de la lumière qui danse entre les arbres, de la faculté de mon corps à respirer amplement, des idées nouvelles qui fleurissent) et à goûter à un calme profond et à un délicieux sentiment de bien-être.

 

Le souffle, cet ancrage.

Porter mon attention sur ma respiration, je l’écris sans exagérer, m’a permis de changer ma perception des choses. Comme un pas de côté pour mieux appréhender l’espace et la situation. J’ai fais de mon souffle mon point d’ancrage pour être dans l’instant présent. C’est essentiellement sur lui que je focalise en méditation et au quotidien, j’y ai recours souvent et de façon instinctive maintenant : je respire profondément en insistant sur l’expir lors de tensions corporelles, de moments de stress voire d’angoisse (quand je suis privée de mon espace vital dans un bus surbondé, par exemple), au moment de m’endormir, où j’ai pris l’habitude de pratiquer la cohérence cardiaque, une pratique de la respiration qui a des effets incroyables (je vous ferais un article là-dessus!).

Compter mes expirations me calme et tarit le flot de mes pensées. Mon esprit vagabonde moins et j’ai ainsi découvert une étrange sensation de vacuité, un espace intérieur étonnant et très agréable.

 

 

Scan corporel.

Le scan corporel permet une grande détente. Passer en revue chaque partie de son corps, noter les conforts comme les inconforts, là encore sans jugement, nous reconnecte avec nous-mêmes. On peut respirer dans les zones tendues pour encourager un relâchement. Et si les pensées nous éloignent de ce déroulement, se souvenir qu’elles ne sont que cela : des pensées. Parfois, lors de cet exercice, la mémoire corporelle peut faire remonter à la surface des souvenirs de traumatismes. On peut ouvrir les émotions : les accueillir sans juger, ni chercher à les fuir. Certaines émotions créent des tensions et douleurs physiques. Là encore, la méditation n’est pas l’intellectualisation des ressentis. On lâche-prise, on accepte ses maux et ses faiblesses, on s’accepte dans notre entièreté.

J’aime aussi l’exercice de l’attention portée sur l’un des 5 sens : écouter plutôt qu’entendre les bruits alentours ou le silence, sentir le tissu sur sa peau, se concentrer sur les odeurs etc…

 

Les bienfaits de la méditation.

La méditation a prouvé son efficacité contre le grand mal actuel : le stress. La méthode MBSR (mindfulness based stress reduction), mise au point par Jon Kabat-Zhinn (oui, encore lui!) est un programme de 8 semaines entraînant de nombreux bienfaits, tant physiques que psychologiques : réduction du stress, confiance en soi accrue, système immunitaire renforcé, moins de grippes, de rhumes, de rhumatismes, d’eczéma, amélioration de la digestion, réduction des douleurs chroniques…

Méditer sollicite le système nerveux autonome parasympathique, celui qui régit la vie végétative. Cette activation a des effets très positifs sur le système immunitaire. L’entrainemement mental que constitue la méditation développe l’optimisme, le pacifisme et les émotions positives. La méditation rend plus heureux et contribue à nous défaire de nos schémas négatifs inconscients.

 

meditation

Essayez!

La clé en méditation est la persévérance. Il s’agit d’un entrainement. Vous l’aurez compris : laissez-vous du temps, soyez indulgent envers vous-même, ne vous jugez pas, laissez faire…

Quelques clés :

  • Au début, mieux vaut programmer un horaire dédié à ces quelques minutes de méditation. Cela vous aidera à vous y tenir, à y revenir comme un rendez-vous avec vous-même. Ensuite, avec la pratique, vous pourrez méditer n’importe où (il parait, je n’en suis pas encore là!)
  • Inutile de prolonger la méditation indéfiniment. Une dizaine de minutes quotidiennes suffisent. Régularité, voilà le mot d’ordre!
  • Essayez de méditer au même endroit, quel qu’il soit. Ca peut être un coin de votre salon, une chaise dans le couloir…Ainsi, votre cerveau enregistrera le message : à cette heure-ci à cet endroit-là, c’est meditation time!
  • Choisissez une posture confortable (mais pas allongé sous la couette, ça ça s’appelle une sieste!). Si vous êtes à l’aise dans la posture du lotus ou assis en tailleur, très bien, mais si vous avez mal au dos ou aux articulations, vous aurez du mal à faire le vide. Dans ce cas, mieux vaut être assis sur une chaise, les pieds bien ancrés au sol. D’une façon générale, la posture de méditation doit être digne, stable, propice à l’ouverture.
  • Fermez les yeux, concentrez-vous sur votre souffle, sentez l’air dans vos narines, détendez-vous.

Les mantras :

Un mantra est, dans la tradition yogique, la répétition, murmurée ou muette, d’une syllabe ou d’une série de syllabes. Cette répétition permet de calmer le flot des pensées, la vibration du son et sa résonnance apaisent le mental de son agitation. C’est le famueux “Om” par exemple. En plus d’aider à se recentrer, certaines syllabes ont des vertus thérapeutiques. Le son RAM tempère les émotions, LAM permet de s’incarner davantage, la voyelle I est une aide à qui veut se réaliser etc…


Si vous ne méditez pas déjà, j’espère avec cet article vous avoir donné envie d’essayer!

N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez en commentaire : méditez-vous? Etes-vous tenté?


Des livres à s’offrir!


Une Appli pour s’aider : Petit Bambou


Je médite!

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