Nous sommes la femme…

8 mars…Paraît que c’est notre journée. Aujourd’hui, pour me célébrer moi-même, je vais aller m’entourer de femelles dans mon genre pour un réveil musculaire,  organisé par La fabrique sportive à l’hôtel de Ville à Nantes, et je vais enchaîner avec une conférence sur le sport au féminin.

Je vais marcher dans la rue en assumant, comme toujours, d’être qui je suis, et chez moi ça passe, bien sûr, par le fait d’être une femme mais aussi, et surtout je crois, par celui d’être un être humain et même, antispéciste que je suis, d’être un être vivant, sans qu’il soit pour autant nécessaire de me ranger dans une case et de me définir des contours pour m’appréhender. Mais je suis obligée, en vérité, de revendiquer mon statut de femme. Forcée d’être fière (et je le suis) d’en être une. Par esprit de justice. Par besoin d’équité. Parce que la place de la femme, en règle générale, dans la société et dans pas mal de foyers encore, est différente de celle de ces messieurs. Bien sûr, les choses ont évolué. Mais elle est pas encore là, l’égalité.

Nous avançons

Ces dates où le droit des femmes a progressé en France :

  • 1791 : rédaction de la “Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne” par
    Olympe de Gouges.
  • 1792 : le divorce par consentement mutuel est autorisé par la loi.
  • 1903 : Marie Curie reçoit le prix Nobel de physique.
  • 1924 : création d’un baccalauréat unique.
  • 1944 : droit de vote et d’éligibilité pour les femmes.
  • 1965 : les femmes mariées peuvent exercer une profession sans l’autorisation de leur mari.
  • 1967 : la loi Neuwirth autorise la contraception.
  • 1970 : la puissance paternelle est remplacée par l’autorité parentale.
  • 1975 : Loi Veil pour l’interruption volontaire de grossesse.
  • 1976 : la mixité devient obligatoire dans les établissement scolaires.
  • 1980 : Marguerite Yourcenar est la première femme élue à l’Académie Française.
  • 1983 : la loi Roudy pose le principe de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
  • 1991 : Edith Cresson est la 1ère femme 1er ministre.
  • 2010 : vote de la loi relative aux violences faites spécifiquemement aux femmes, création de l’ordonnance de protection des victimes et du délit de harcèlement moral au sein du couple.
  • 2012 : vote de la loi relative au harcèlement sexuel.
  • 2014 : vote de la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.

 

 

Doucement…

Et pourtant, encore aujourd’hui, les chiffres sont éloquents : à poste équivalent, les hommes perçoivent en moyenne un salaire supérieur de 22.8% par rapport aux femmes. Enorme la différence! Plus les salaires sont élevés, plus l’écart se creuse. La plupart du temps, ces écarts ne s’expliquent pas et relèvent tout simplement de la discrimination. Quant au temps partiel subi, il est essentiellement féminin.

Globalement, les femmes sont plus pauvres que les hommes : deux fois plus de femmes de + de 75 ans en situation de précarité que d’hommes, beaucoup de mères célibataires avec de faibles revenus…

Parmi ses jouets, mon fils a un château fort et une voiture Cars mais aussi une petite cuisine en bois, un balai et une poupée.  J’aimerais qu’il considère les filles comme ses égales, capables aussi d’être pilote de ligne ou ébéniste, tout comme j’aimerais qu’il se sente libre de préférer la danse au judo (et vice versa). Pourtant, tout autour de lui  tend à lui démontrer qu’il y a des différences. La société est faite ainsi. Il suffit de déambuler dans les magasins de jouets, de feuilleter des livres de contes et de regarder une page de publicité pour se rendre compte que les filles sont poussées à aimer les “jeux de fille” et les garçons les “jeux de garçon”.

En Suède, le 1er pays à avoir adopté la loi “anti-fessée”en 1979, plusieurs établissements certifiés LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) ont ouvert leurs portes. Ils ont pour particularité de n’inculquer aucune notion de différenciation de genre aux enfants. Concrètement? Utilisation d’un pronom neutre, le “elle” et “lui” n’existent plus, tout comme les mots “filles et “garçons” ne sont pas utilisés. De la même manière, les enfants sont invités à jouer avec tous les jouets, et lisent des livres “modernes” dans lesquels l’homosexualité ou la transexualité ne sont pas tabous. On est loin de Blanche-neige qui sifflote en passant son balai. En France, cette question soulève des débats musclés (comme pour celle de la violence éducative ordinaire d’ailleurs). On n’est pas rendus…

Supers femmes!

Qu’il s’agisse de logiciel informatique (Murray Hopper), de chauffage central (Alice Parker), de lave-vaisselle (Joséphine Cochrane), de la seringue médicale (Letitia Geer) ou du radeau de sauvetage (Maria Beasley), on doit tant de choses aux femmes! On peut en citer beaucoup qui inventent, innovent, réussissent dans des “métiers d’hommes”, ouvrent la voie à d’autres femmes, font preuve de courage, d’audace et de pugnacité, mais aussi d’amour, de tendresse, de résilience et de force.

Et on peut aussi citer toutes celles, les anonymes du quotidien, qui travaillent et commencent un autre job en rentrant chez elle : préparer le dîner, s’occuper des enfants,( devoirs, bain, jeux, coucher et j’en passe), ranger un peu la maison, faire la vaisselle etc…Qu’elles soient célibataire ou en couple, qu’elles aient un emploi à plein temps, à mi-temps ou qu’elles soient mère au foyer, ce sont encore les femmes qui se coltinent le ménage les trois quarts du temps, certaines (mauvaises) habitudes ont la vie longue!

Femme mère, épouse, fatale, objet, forte, sportive, bonne cuisinière, émancipée, indépendante, moderne, ménagère…Nous sommes gavées de publicités qui nous exhortent à en faire plus, à en exiger plus de nous-mêmes, à être tout à la fois et nous culpabilisent. Et nous les femmes, la culpabilité, c’est un truc qu’on connait bien.


Alors que les Etats-Unis ont pour président la misogynie incarnée et que la principale figure féminine politique en France ne nous fait certainement pas honneur, on peut se demander pourquoi, aujourd’hui encore, de telles inégalités persistent? Il n’y a pas de différence anatomique entre un cerveau féminin et un cerveau masculin. Les différences sont hormonales. Il n’y a aucune preuve que les garçons sont, à la base,  plus aptes aux mathématiques ou que les filles préfèrent la littérature. Tous ces clichés sont des conceptions culturelles.

Le 8 mars, c’est la journée internationale des droits de la femme. Et nous devons la célébrer. Parce que cette lutte est, hélas, encore d’actualité. Les droits des femmes, partout dans le monde, doivent être les mêmes que ceux des hommes. La femme est l’égale de l’homme. C’est un fait, mais faut encore que ça suive dans les faits!

Alors quoi? Les hommes ont plus de masse musculaire : ils sont pleins de testostérone. Super! Mais Les femmes, elles, disposent du seul organe du corps humain dédié seulement et uniquement au plaisir. Ha! On fait moins le malin! Alors, sérieusement, c’est qui les plus fortes? 😉


Sources :

CNIDFF

Observatoire des inégalités

 

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