Véganisme et écologie

L’idée de cet article m’est venue en lisant la rubrique de Pierre Lance dans le numéro de septembre du magazine Alternatif Bien-être qui se définit comme “le journal d’informations des solutions alternatives de santé” et qui, très souvent, est rempli d’articles intéressants et de bons conseils.

Le titre m’a interpellée, forcément : “pourquoi je ne mangerai pas vegan”. Très rapidement, parce que je n’ai pas envie de m’étendre là-dessus, j’aimerais préciser que je trouve cette façon d’aborder un sujet contre-productive, qui n’amène clairement pas à un débat positif encourageant l’ouverture d’esprit. D’abord, et donc? Qu’est-ce que vous défendez? Parlez-moi éventuellement de ce que vous faites et non de ce que vous ne faites pas et ne serez jamais. Je ne vais pas écrire un article qui expliquerait pourquoi je ne serais jamais championne de ski ou pourquoi je ne serais jamais raciste. On s’en fout. Non? Passons brièvement également sur les affirmations extraordinaires de l’auteur qui écrit (je n’invente pas) que s’abstenir de manger de la viande sous prétexte que les animaux sont traités cruellement dans les abattoirs serait comme se détourner de l’amour parce que certaines femmes sont violées…No comment.

Ces insupportables vegans…

Non, ce qui a réellement retenu mon attention dans cette chronique, c’est que son auteur affirme que les végétaux sont des êtres sensibles et que, je me permets de citer, “l’illusion de l’insensibilité végétale est évidemment nécessaire aux végétariens et véganiens pour garder la bonne conscience qui leur permet de se croire meilleurs que les autres humains”. C’est un peu agaçant pour un végéta*ien de s’entendre répéter qu’il se croit meilleur que les autres. Pour moi, c’est une forme d’injustice. De celles dont on se remet bien entendu, rien de très grave à cela, mais quand même, pourquoi, parce que je décide de ne plus prendre part à l’exploitation animale, serais-je une prétentieuse méprisante donneuse de leçon? Voilà pour mon ego froissé. C’est affaire de point de vue.

Ce qui n’est pas subjectif, par contre, c’est la notion de sensibilité chez les végétaux. Ha, le fameux argument du cri de la carotte! Quel végé n’y a pas fait face? Pierre Lance cite L’intelligence des fleurs, de Maurice Maeterlinck. Il est bon, peut-être, de rappeler la différence essentielle entre intelligence et sensibilité. Oui, Maeterlinck parle dans son livre de cette intelligence qui fait que certaines fleurs sécrètent des substances pour se défendre. L’ingéniosité de la nature semble sans limite et le monde végétal, comme le monde animal, s’évertue à survivre, se reproduire, conquérir le terrain. Mais a-t-on trouvé un système nerveux chez une plante? L’ortie est-elle dotée de nerfs sensitifs? La carotte hurle-t-elle sa douleur en silence lorsqu’on l’extraie de terre? Si les plantes ont une conscience et communiquent via des messagers hormonaux, leur notion de soi et leur structure sont radicalement différentes de celles des animaux. Les plantes n’ont pas de système nerveux. Et il faut un système nerveux pour souffrir. Si vous me ramenez une cervelle de pâquerette conservée dans le formol, promis, je mange une côte de porc…

sensibilité végétale

Mais cette réflexion m’a menée à prendre conscience que si je suis devenue végane par éthique, je ne suis pas certaine que ce soit l’argument le plus convaincant en faveur du véganisme, ou même du végétarisme. Bien sûr, pour moi et pour énormément d’autres personnes, c’est le cheminement principal. La voie qui a initié le changement. Pourtant, je sais que certains regardent les infos à la télé en prenant leur dîner, ne s’émeuvent pas, ou peu, ou pas longtemps, des migrants qui se noient dans la Méditerranée, abandonnent leur chien sur la route des vacances, ou tout simplement (et je m’inclue ici) vivent en essayant de s’encombrer le moins possible d’ondes négatives. Nous avons tous notre quotidien, nos pollutions personnelles, les soucis à gérer et aussi les bons moments, les rires, la joie, l’amour, ce qui fait la vie. Et nous ne voyons pas tous l’animal derrière le steak. Et nous ne considérons pas tous que la vie d’une vache est aussi importante que celle d’un chien ou du chaton que nous venons d’adopter. C’est ainsi. La sensibilité au monde, à l’autre, à l’animal, est personnelle et différente pour chacun d’entre nous. L’éthique est une notion subjective, soumise à nombre d’arguments pour et contre…Ce n’est donc peut-être pas l’éthique qu’il faut sans cesse souligner.

Parce qu’il y a un argument en faveur du végétalisme, un argument clair, qui se démontre, se prouve, et qui est totalement objectif : celui de l’environnement.

L’élevage : un désastre environnemental.

J’en ai déjà parlé ici et encore , et je vais encore le traiter ici, parce que je suis toujours irritée qu’on ne parle pas systématiquement de l’élevage lorsqu’on parle de l’environnement. Ce devrait être le sujet principal, pour ainsi dire.

L’élevage est responsable de 14.5% des émissions de gaz à effet de serre. C’est plus que le secteur des transports (tous transports réunis)! Ces émissions sont dues majoritairement aux bovins, la production de lait est donc une part non négligeable de ces chiffres affolants : 290 kg d’éq. Co2 pour 1 kg de boeuf.

C’est la première cause de déforestation en Amazonie : l’élevage bovin est responsable de 80% (!!) de la déforestation de la forêt amazonienne.

⇒Un végétalien émet 2.5 fois moins de GES qu’un omnivore occidental, uniquement de par son alimentation. Ecolo? Yes, vegan!

15000 litres d’eau sont nécessaires à la production d’1 kg de boeuf. Et même s’il s’agit en grande partie d’eau de pluie, due à la surface occupée par les pâturages, la production de viande gaspille et pollue l’eau. Parlons en protéines : 4100 litres d’eau nécessaires à 1 kg de protéines issues de légumineuses contre 7300 litres pour le boeuf et 10 300 litres pour le porc! De fait, l’élevage est la source principale de pollution de l’eau : déchets animaux, antibiotiques, hormones, engrais, pesticides utilisés pour les cultures fourragères….Les nitrates, phosphore et autres nutriments sont responsables de la prolifération des algues vertes et de la dégénération des récifs coralliens, et les infiltrations des agents pathogènes issus des déjections animales polluent les nappes phréatiques et menacent les réserves d’eau potable. Les élevages bretons produisent autant d’excréments que 60 millions d’habitants! Sans parler des pluies acides dues aux émissions d’ammoniac qui perturbent la photosynthèse…

J’ai parfois entendu : on s’occupe des animaux d’élevage mais les enfants qui meurent de faim dans le monde alors? On s’en fout? Ben non, justement. 2/3 des terres agricoles dans le monde sont consacrés à l’élevage et à la production d’aliments destinés à l’élevage. “Si les pays riches et émergents divisaient par deux leur consommation de viande, 2.2 millions d’enfants échapperaient à la malnutrition chronique.” Voilà qui me convainc, personnellement. Plus d’info sur le sujet ici.

Nous ne pouvons plus nous permettre aujourd’hui d’être des négationnistes climatiques. La Terre s’en moque. Ce n’est pas la planète qu’il faut sauver. La planète a existé sous forme de boule de feu et de glace, et quand nous serons tous partis, elle sera encore là, quel que soit son état. C’est nous que nous devons sauver. C’est à nos enfants que nous devons penser. Imaginez la canicule de 2003 toute l’année, 365 jours par an…Et les déplacements, les milliers (millions) de réfugiés climatiques…Le manque d’eau…Personnellement, si je me mets à penser au réchauffement climatique, je suis prise d’angoisses. Je pense à mon fils. Qu’en sera-t-il lorsqu’il aura 30 ans? Aurais-je des petits-enfants? Alarmiste? Pas vraiment…en vérité, même les plus alarmistes des discours sont encore optimistes lorsqu’il s’agit d’environnement. Cette année, le jour du dépassement était le 2 août. Une élévation de 3° de la température de la Terre est un scénario catastrophe qui n’a rien de la science-fiction. Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) l’affirme : le changement climatique est global, planétaire, et est principalement dû aux émissions de gaz à effet de serre.

A la cantine de l’école de mon loulou, les repas végétariens sont appelés “repas pour la planète”. Lucide. C’est une bonne chose de privilégier les transports en commun ou le vélo plutôt que notre voiture, de couper l’eau lorsqu’on se brosse les dents, de prendre des douches plutôt que des bains, de manger bio et local, de privilégier l’artisan plutôt que la multinationale…Ce sont des gestes essentiels et responsables. C’est une excellente chose de remplacer son steak par des légumineuses, de réduire sa consommation de viande et de produits laitiers. Jusqu’à peut-être, vous en passer totalement. Une alimentation entièrement végéta*ienne bien menée est meilleure pour votre santé, pour la planète et pour les animaux, bien sûr.

vegan pour la planète

 

Aujourd’hui, vous pouvez trouver toutes les informations que vous voulez sur comment végétaliser votre alimentation facilement et sans danger. N’ayez pas peur des carences, j’en parle !

⇒ Chez La fée Stéphanie, plein de recettes végétales délicieuses et accessibles!

⇒ Sur Vegan pratique, plein de conseils et fiches pratiques!

⇒ Sur l’association végétarienne de France, on se renseigne!

⇒ Sur L214, dont vous avez forcément entendu parler, on parle éthique (un peu quand même)!

⇒ Sur Veggie Romandie, on parcourt le sujet sous tous ses angles!

⇒ Sur Insolente veggie, on se marre!

Et je vous laisse fouiller, parce qu’il y a pléthore de sites intéressants sur ce merveilleux et vaste sujet. Car s’il vous est impossible pour l’instant (et ça peut s’entendre) d’imaginer renoncer à la viande, prendre conscience de l’impact de sa production sur l’environnement, de ce que ça implique au niveau éthique et aussi au niveau de votre santé (un autre vaste sujet), c’est déjà super. Si cette prise de conscience fait que vous mangez de moins en moins souvent votre jambon et de plus en plus souvent un steak de soja et que votre famille, vos amis, vos voisins, suivent le mouvement, ça fait déjà une belle différence au niveau environnemental.

Et si vous vous lanciez un défi? Allez, 1 semaine dans la peau d’un végétarien!


Sources :

https://www.notre-planete.info/actualites/actu_2202_surconsommation_viande.php

https://www.viande.info/elevage-viande-sous-alimentation

https://www.viande.info/elevage-viande-ressources-eau-pollution

https://www.viande.info/elevage-viande-gaz-effet-serre#biblio

https://www.notre-planete.info/terre/climatologie_meteo/changement-climatique-GIEC.php

http://macop21.fr/defis/je-mange-moins-de-viande/

Dessin : Alexys Pétard

Photo à la une et photo enfant : Unsplash

 

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