Végétarien et sportif!

“Faire du sport et être végétarien”, voilà un sujet intéressant! C’était le thème de la conférence organisée à Nantes par l’association La Fabrique Sportive, à laquelle je suis allée il y a 3 semaines environ.

Là, on prêche une convaincue, mais j’étais très curieuse d’entendre les intervenants, d’autant que j’en connaissais au moins un : le Dr Jérôme Bernard-Pellet, médecin nutritionniste, que j’avais pu entendre ICI. Avec lui, un sportif végétarien, Flavien Bascoul, un documentaliste pour l’association L214, Stanislas Carnino et une diététicienne du sport, Linda William. Pendant plus de 2 heures, ils nous ont donc expliqué, preuves et exemples à l’appui, que oui, sport et végétarisme sont tout à fait compatibles, et aussi hautement conseillés 🙂

Végétarisme, végétalisme, véganisme.

Tous les végés ne se ressemblent pas 🙂

Un végétarien exclue de son alimentation la part carnée : toutes les viandes et le poisson (oui, aussi le poisson et les fruits de mer).

Le végétalien, lui, ne mange aucun animal ou sous-produit animal : ni viande, ni poisson, mais aussi ni oeuf, ni produit laitier quel qu’il soit.

Le vegan étend son alimentation à son mode de vie : il ne consomme rien qui provienne du monde animal, ni laine ni cuir, pas de produit testé sur les animaux ou contenant un ingrédient animal (comme souvent, dans le savon par exemple), ne va pas au zoo ni au cirque animalier.

On pense souvent restriction lorsqu’on pense végé, mais en fait, un végéta*ien mange la même chose que tout le monde, avec des aliments différents. Tout est une question d’habitudes. Une fois les nouvelles habitudes installées, être végé est une affaire qui roule (la plupart du temps, j’ai eu une mauvaise expérience récemment dans une crêperie, ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps!)

⇒ Mais pourquoi?

Tout le monde le sait, notre mode de vie n’est pas sans conséquences pour l’environnement. Mais je suis toujours épatée (mais devrais-je l’être vraiment, cernés que nous sommes par les lobbies) qu’on ne parle pas plus des conséquences désastreuses d’une alimentation carnée sur l’environnement. L’élevage intensif est responsable de 14.5% des émissions de gaz à effet de serre, ce qui en fait la première cause d’émission, devant tous les transports réunis. Ceci est dû principalement aux phénomènes de fermentation entérique (concrètement: les prouts), à la déforestation massive pour nourrir les animaux et leur faire de la place (l’élevage bovin est responsable de 80% de la déforestation amazonienne), au fait que 2/3 des terres arables sont cultivées pour l’alimentation animale (c’est essentiellement pour cette raison qu’être végétarien contribue à lutter contre la faim dans le monde : si le monde entier était végétarien, la terre pourrait facilement nourrir 15 milliards de personnes, soit le double de la population mondiale actuelle. A l’inverse, si le monde entier avait une alimentation carnée comme celle de la France, il n’y aurait pas assez de 2 Terres pour tous nous nourrir…).

La grande majorité des intoxications alimentaires viennent de la viande rouge et du poulet, 50% des antibiotiques produits au niveau mondial le sont pour l’élevage, ce qui crée de l’antibiorésistance et quid de notre libre arbitre quand l’argent public est utilisé pour nous inciter à consommer de la viande?

Je ne parle même pas ici des questions éthiques…J’entends souvent les gens affirmer qu’ils se servent chez le “petit producteur du coin qui aime ses bêtes”, pourtant l’élevage intensif représente l’écrasante majorité de la production en France (82% pour les poules, 81% pour les poules pondeuses, 90% pour les cochons, 99% pour les lapins).

La consommation d’animaux n’est pas nécessaire pour être en bonne santé. En fait, le végétarisme, outre le fait que oui, on peut se régaler, est plutôt une bonne chose pour notre corps…

 

Faire du sport en étant végétarien…

Bien sûr, c’est possible!

Il est impossible de démontrer qu’être végétarien est dangereux pour la santé. En fait, être végétarien augmente l’espérance de vie : moins d’obésité, moins d’hypertension, moins d’hypercholestérolémie, moins de diabète de type 2, moins 30% de maladies cardio-vasculaires, moins de cancers (surtout cancer du côlon -50%, de la prostate et du pancréas).

On peut citer une foule de sportifs végétariens ou végétaliens : Carl Lewis, Novak Djokovic, Brendan Brazier…Les performances sportives ne sont pas amoindries par l’absence de viande, c’est une certitude. Les besoins en protéines d’un sportif se situent entre 1.3 et 2g/kg/jour. Un français moyen non sportif en consomme déjà en moyenne 1.4g/kg/jour, alors qu’il faudrait se contenter de 0.8g/kg/jour. C’est un fait : nous mangeons trop protéiné.

Les protéines végétales sont largement suffisantes. Contrairement aux idées reçues, les acides aminés essentiels sont strictement identiques dans le règne végétal et animal, ce sont les proportions qui différent. Il suffit de manger varié et suffisamment pour couvrir les besoins. Elles se trouvent essentiellement dans les légumineuses (lentilles, pois, soja, haricots secs…), les céréales (blé, maïs, riz…) et les oléagineux (graines, noix, noisettes…). Les protéines végétales sont intéressantes : elles sont pauvres en lipides (sauf pour les oléagineux) et ceux-ci sont de bonne qualité, et riches en fibres et en phytonutriments…

 

 

Petits points…

  • Les Oméga 3 se trouvent dans les huiles (colza, noix, chanvre…), les graines (lin, chia..), les oléagineux.
  • On ne trouve pas du calcium uniquement dans les produits laitiers! Il y a en aussi dans les légumineuses (haricots rouges, pois chiches, soja, lentilles…), les légumes à feuilles vertes (choux, brocolis, persil…), les oléagineux (amandes principalement) les fruits séchés…et l’eau!
  • Le fer se trouve dans  les algues, les légumes verts, les oléagineux, le chocolat noir. Même si le fer héminique est mieux absorbé par l’organisme, la vitamine C améliore l’absorption du fer non-héminique .
  • Une supplémentation en vitamine B12 est obligatoire pour un végétalien (à la base, la vit B12 était produite par les bactéries, mais nous vivons dans un environnement aseptisé. Pour le détail, les herbivores trouvent leur b12 dans les souillures des aliments qu’ils consomment; hygiène des élevages oblige, les animaux sont supplémentés en b12 aujourd’hui).


L’association Nantaise “La Fabrique Sportive” a pour objet de favoriser la pratique du sport féminin. Elle organise des évènements et des rencontres sportives.

La fabrique sportive


On ne présente plus l’association L214 Ethique et Animaux, qui révèle les conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animau et ouvre le débat sur ces questions cruciales.

L214


Sur Iamvegan.tv, vous pourrez trouver plein d’interviews passionnantes de vegans, et notamment plusieurs du Dr Bernard-Pellet.


Etre végétarien sportif, c’est tout à fait possible, vous l’aurez compris. Dans cet article, je vous avais présenté quelques livres sur le sujet…


Et vous, qu’en pensez-vous? Dites-moi tout en commentaires! 🙂

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